Les faits remontent au 12 février vers 17h30, devant Sciences Po Lyon (Lyon 7). Sept membres du collectif fémonationaliste Némésis y déploient une banderole pour protester contre la venue de l’eurodéputée Rima Hassan. Craignant des tensions, elles avaient demandé à des membres de la mouvance identitaire de rester à proximité.
Selon le parquet, plusieurs individus tentent d’arracher la banderole. Deux jeunes femmes disent avoir été violentées. L’une aurait été étranglée, l’autre jetée au sol. Elles se verront attribuer respectivement 2 et 5 jours d’incapacité totale de travail (ITT). Leurs soutiens ne seraient pas intervenus à ce moment-là.
Peu avant 18 heures, la situation dégénère à quelques pas de là. À l’angle des rues Yves-Farge et Victor-Lagrange, de l’autre côté de la voie ferrée, deux groupes d’une vingtaine de personnes chacun, masqués et cagoulés, s’affrontent. Une partie des belligérants s’enfuit, puis trois jeunes hommes, dont Quentin D., sont pris à partie par au moins six individus du camp adverse. Le jeune homme est violemment frappé et reste au sol. Les deux autres parviennent à s’enfuir.
Un état qui se dégrade rapidement
Un ami revenu sur place trouve Quentin encore conscient mais désorienté, incapable de se souvenir des faits. Il essaie de le ramener chez lui. Sur le chemin du retour, l’état de la victime se dégrade. Arrivé au niveau du quai Fulchiron, à plus de 2 kilomètres du lieu de l’agression, et 1h30 après les faits, ils s’arrêtent sous un abribus pour appeler les secours.
Le jeune homme est rapidement pris en charge. Hospitalisé dans un état grave, il décède le 14 février des suites d’un « traumatisme crânio-encéphalique majeur », des lésions jugées « mortelles à brève échéance » par les médecins légistes.
Le parquet retient à ce stade la qualification « d’homicide volontaire » et « violences aggravées par trois circonstances : réunion, masqué et port d’armes » par destination. Aucune arme blanche n’a été utilisée, a précisé le procureur.
Le procureur promet des interpellations
Une quinzaine de témoins ont déjà été entendus, dont des victimes. « Les analyses vidéo sont en cours », a poursuivi le procureur. « Des interpellations seront effectuées », a-t-il assuré, sans avancer de calendrier. Le magistrat a par ailleurs indiqué que la victime n’avait pas d’antécédents judiciaires.







