Il y a à peine cinq mois, deux sondages prédisaient, coup sur coup, 47% des voix pour Jean-Michel Aulas. Grâce à la marge d’erreur du panel, certains éditorialistes se mettaient même à rêver d’une victoire dès le premier tour de l’ex-président de l’OL. À l’époque, le maire sortant peinait à atteindre 24%. Jugé « clivant » par ces mêmes éditorialistes, Grégory Doucet était sur le point d’être lâché par ses partenaires, selon leurs prophéties.
Une campagne électorale pugnace et enthousiasmante plus tard, il ne reste plus rien du lustre du businessman, désormais relégué à une humiliante deuxième place avec 36,78% des voix, derrière Grégory Doucet, vainqueur surprise du premier tour avec 37,36%. Ce résultat a été enregistré dans un contexte de participation exceptionnelle : 64,52% des inscrits ont glissé un bulletin dans l’urne, du jamais vu au XXIe siècle.
Cette polarisation a été fatale aux autres candidats, à l’exception notable d’Anaïs Belouassa Cherifi (LFI), qui parvient à tirer son épingle du jeu. Avec 10,41% des voix, elle est en mesure de se maintenir. La députée a toutefois appelé, dès dimanche soir, à une « fusion technique » de sa liste avec celle des écologistes afin de consolider l’avance de la gauche. « Doucet aura besoin de nous », a-t-elle glissé.
Les autres candidats, Alexandre Dupalais (UDR/RN, 7,07%) en tête n’ont pas réussi à franchir la barre des 10% pour pouvoir se maintenir au second tour. L’ancien maire de Lyon Georges Képénékien ne récolte que 3,53%. Nathalie Perrin-Gilbert, ex-maire du 1er et ancienne adjointe à la culture, ne fait guère mieux avec 3,64%. Les trois candidats d’extrême gauche - Lutte ouvrière, NPA et Parti des travailleurs - restent, eux, en dessous de 1%.
Jean-Michel Aulas peut néanmoins se consoler avec une mairie d’arrondissement arrachée aux écologistes. Thomas Rudigoz redevient maire du 5ème. Un poste qu’il avait déjà occupé entre 2014 et 2017.
La métropole, basculera-t-elle à droite ?
Le suspense reste en revanche total à la Métropole. Contrairement à Jean-Michel Aulas, la tête de liste Grand cœur lyonnais Véronique Sarselli avait le sourire dimanche soir. Elle a d’ores et déjà remporté quatre des quatorze circonscriptions : Ouest, Plateau Nord-Caluire, Porte des Alpes et Val de Saône, s’assurant 37 des 150 sièges à répartir au conseil métropolitain. La gauche n’en a récolté que 4 pour l’instant et le RN 2. La droite ne progresse toutefois que de 4 sièges puisqu’elle détenait déjà ces quatre circonscriptions.
Mais la gauche est en grande difficulté à Lones et Coteaux, remporté de justesse en 2020 par Jean-Charles Kohlhaas à la faveur d’une triangulaire. Le vice-président écologiste obtient cette année 23,54%, soit 20 points de moins que le maire d’Oullins-Pierre Bénite Jérôme Moroge avec 43,39%.
Elle n’est pas en bien meilleure posture à Lyon-Ouest, gagnée haut la main en 2020 par Bertrand Artigny pour le compte des écologistes. Pour la droite Yann Cucherat (41,19%) arrive cette fois-ci largement en tête, 10 points devant François Journy (30,59%) tête de liste de la gauche. Si ce dernier peut fusionner avec la liste LFI (10,85%), la droite peut espérer une partie des votes du RN (8,77%) pour conforter son avance.
Pour compenser, Bruno Bernard aurait besoin de faire basculer Lyon Nord à gauche, où l’ancien maire du 6ème Pascal Blache avait obtenu 3 points de plus en 2020 que l’écologiste Florence Delaunay. Cette année, c’est la cheffe de file Renaissance Sarah Peillon qui vire en tête avec 40,62% devant la députée socialiste Sandrine Runel (31,92%). LFI avec 9,04% ne peut se maintenir mais pourrait fusionner. Mais le RN fait également un score important avec 8,25%. Reste à savoir si ses électeurs sont prêts à voter pour une candidate macroniste.







