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Mobilités de demain

Gratuité, métro, vélo : les promesses des candidats

Tram, métro, bus, vélo, marche à pied, voiture - les mobilités sont au cœur du quotidien des Grand-Lyonnais. C’est la Métropole qui est en grande partie responsable des projets dans ce domaine - directement ou à travers le Sytral qu’elle contrôle. Cet article passe au crible les projets des candidats - des plus concrets aux plus fumeux.

Les transports en commun : tram ou métro ?

L’un des enjeux majeurs de l’actuelle mandature a été l’investissement massif dans les transports en commun. Sous l’exécutif écologiste, le budget du Sytral a plus que doublé, passant de 1 à 2,5 milliards d’euros. Cette enveloppe a permis de finaliser la ligne 6 du tramway, de prolonger la ligne B du métro et de lancer le premier tronçon du bus rapide TB12. Deux nouvelles lignes de tram - T9 et T10 - desserviront dans quelques mois Vaulx-en-Velin et Saint-Fons.

Pour la prochaine mandature, l’équipe de Bruno Bernard reste attachée au tramway. Trois nouvelles lignes sont envisagées : le T8, entre Vaulx-en-Velin La Soie et la gare de Vénissieux, un tram rapide TEOL reliant Tassin-la-Demi-Lune et le 5ème arrondissement à Perrache, ainsi qu’une nouvelle ligne entre la Part-Dieu et Rillieux-la-Pape. Ces projets devraient coûter environ 2 milliards d’euros. De plus, les écologistes prévoient d’ouvrir le métro toute la nuit le weekend, à l’image de plusieurs métropoles européennes (Berlin, Londres, Vienne, Copenhague…).

La France Insoumise propose également des trams : la poursuite du projet TEOL et une nouvelle ligne entre le métro Cuire et Rillieux-la-Pape, ainsi qu’un bus rapide entre Perrache et Gorge de Loup desservant les quartiers populaires de Lyon 5, particulièrement mal reliés aujourd’hui. Les trois projets sont chiffrés à 1,4 milliards d’euros.
Les Insoumis souhaitent également relancer un vieux serpent de mer : le RER à la lyonnaise. Leur projet comprend 10 lignes, essentiellement nord-sud entre Quincieux, Rillieux-Sathonay et Crépieux-la-Pape au nord et Givors, Saint-Fons et Saint-Priest au sud. Seul hic : les TER qui composeraient ce RER dépendent de la Région. Les Insoumis auront-ils plus de réussite pour faire bouger les équipes de Laurent Wauquiez, là où les écologistes ont échoué ? Pour cela, ils souhaitent en faire un sujet majeur des élections régionales en 2028.

La droite et l’extrême droite privilégient, elles, le métro au tramway. Véronique Sarselli et Tiffany Joncour promettent toutes les deux de remiser le TEOL au placard et de construire un métro à la place. Le projet de métro E, lancé en 2014 par l’ancien maire Gérard Collomb, n’a toutefois jamais dépassé le stade d’études. Jugé trop cher - environ 1,8 milliard d’euros - par l’actuel exécutif, il est également surdimensionné dans une zone peu densément peuplée.
Jean-Michel Aulas, le véritable patron de Grand cœur lyonnais souhaite aller plus loin et prolonger le métro E jusqu’au stade de l’OL, dont il est actionnaire et l’Arena de l’Asvel, une salle gérée par son fils. Outre le conflit d’intérêt potentiel, le projet pose aussi le problème de son financement : son coût est estimé à 5 milliards d’euros, soit deux fois le budget du Sytral pour six ans.

Combien ça coûte ?

En matière de gratuité, on assiste à une surenchère entre la droite et la gauche. Seul le RN s’y oppose, jugeant « populistes » de telles propositions. Bruno Bernard propose d’étendre la gratuité des transports à tous les jeunes de moins de 18 ans dont au moins un parent est abonné aux TCL. La France Insoumise va plus loin, souhaitant rendre les transports gratuits pour tous les moins de 26 ans, pour un coût estimé à 80 millions d’euros par an. À terme, les Insoumis envisagent la gratuité totale, financée par une augmentation du versement mobilité des entreprises. Jean-Michel Aulas, quant à lui, promet la gratuité pour les Lyonnais gagnant moins de 2500 euros par mois, mais sans préciser s’il s’agit d’un plafond par personne ou par foyer, ni combien cela coûterait.

Le vélo : stop ou encore ?

L’autre priorité des écologistes était le développement des Voies lyonnaises, un réseau de pistes cyclables sécurisées car physiquement séparées de la route. Toutefois, seuls 143 kilomètres ont été réalisés au cours du mandat sur les 250 promis, selon le comptage de la Ville à vélo.
Bruno Bernard promet, s’il est réélu, 100 kilomètres de plus. Il prévoit également de créer 250 nouvelles stations de Vélo’v et d’ajouter 2000 vélos électriques.

La France Insoumise a aussi son propre projet cyclable, mais avec une approche différente. Au lieu d’un réseau en étoile concentré sur Lyon, ils souhaitent créer une rocade cyclable desservant 39 communes, de Marcy-l’Etoile à l’ouest jusqu’à Chassieu à l’est et de Fontaines-Saint-Martin au nord à Vernaison au sud, mais sans passer par le centre de la métropole. La liste prévoit également 150 nouvelles stations Vélo’v pour desservir 27 communes supplémentaires, actuellement exclues du réseau.

Chez Grand cœur lyonnais, le programme dépend de l’interlocuteur : certains, comme Christophe Geourjon promettent de finir le réseau des Voies lyonnaises, moyennant quelques modifications de parcours, d’autres comme Gilles Gascon veulent, au contraire, mettre la pédale douce sur la construction de nouvelles pistes.

La voiture : un retour en force ?

Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas, dont c’est le dada, sont les seuls à vouloir développer l’usage de la voiture à Lyon. Notamment à travers leur projet phare : un mégatunnel sous Fourvière. Cette infrastructure autoroutière de 8 kilomètres entre Tassin et Saint-Fons est censée désengorger l’actuel tunnel de Fourvière. Un projet qui s’avère aussi inutile qu’irréaliste : 85 % des automobilistes empruntant le tunnel de Fourvière vont en direction de Lyon ou Villeurbanne, et non vers Saint-Fons. Avec un coût estimé entre 4 et 8 milliards d’euros, le projet est bien au-delà des capacités financières de la Métropole, d’autant plus que la gratuité pour les Grand-Lyonnais, promise par Aulas, empêche de financer le projet par des péages.

Photo : © Michael Augustin

Publié le : vendredi 6 mars 2026, par Michael Augustin

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