L’ancien président de l’Olympique lyonnais avait pris ombrage d’un article intitulé « Les Aulas s’envolent en jet privé vers les paradis fiscaux », publié sur le site Rue89 Lyon. Deux journalistes y décrivaient en détail un montage complexe de sociétés immatriculées au Luxembourg, dans le Delaware et aux îles Vierges britanniques. Cet empilement de structures exploite un aéroport de luxe pour jets privés à Miami, dont Jean-Michel Aulas et son fils sont actionnaires à travers leur holding familiale Holnest.
« Tout est vrai dans cet article », s’était écrié l’avocat des journalistes au tribunal. Effectivement, aucun des faits relatés, solidement documentés, n’a été contesté par le candidat à la mairie de Lyon. Ses avocats se sont raccrochés à quelques tournures de phrases afin de démontrer une diffamation par « insinuation », pour justifier cette procédure engagée par l’homme d’affaires.
En vain. La 6ème chambre de presse du tribunal correctionnel de Lyon l’a débouté de toutes ses demandes (4000 euros de frais de justice et 1 euro de dommages). Jean-Michel Aulas, dont le patrimoine est estimé à 450 millions d’euros, est au contraire condamné à rembourser les frais d’avocat des journalistes, à hauteur de 3369 euros.
« C’est une victoire pour la liberté de la presse », a réagi Pierre Lemerle, directeur de la publication de Rue89Lyon. Le site d’information en ligne avait dénoncé une procédure bâillon destinée à museler la presse. Le tribunal n’a toutefois pas retenu cet argument, rejetant la demande de dommages et intérêt pour procédure abusive.
Soulagés, les deux journalistes ont salué un « double message envoyé par la justice : l’un aux journalistes en leur disant “Vous êtes libres de faire ce métier”, l’autre aux politiques et hommes d’affaire : “Arrêtez de tenter de faire taire la presse” ».
Selon les informations de Lyon Mag, Jean-Michel Aulas et son fils Alexandre ont décidé d’interjeter appel de cette décision.







