« Vous ne pouvez plus être le maire de Saint-Etienne. » Par ces mots, la présidente du tribunal Brigitte Vernay a conclu l’annonce de la peine infligée à Gaël Perdriau, premier magistrat de la ville depuis 2014 (photo). Reconnu coupable de l’ensemble des infractions qui lui étaient reprochées, notamment association de malfaiteurs, chantage et détournement de fonds publics, il est condamné à quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé, ainsi qu’à un an avec sursis et 50 000 euros d’amende. La peine est automatiquement assortie d’une inéligibilité de 5 ans avec exécution provisoire. Le tribunal est allé au-delà des réquisitions de la procureure qui avait demandé 3 ans ferme et 2 avec sursis.
L’édile de 53 ans doit aussi verser, conjointement avec les trois autres prévenus, 200 000 euros à Gilles Artigues et 110 000 euros à sa famille, au titre du préjudice morale. Cette condamnation est également à exécution provisoire.
« Le tribunal a bien entendu tout ce que vous avez opposé » aux accusations mais « n’a rien trouvé en termes d’excuse » pour minimiser « l’extrême gravité des faits », a insisté la présidente. Le maire de Saint-Etienne avait en effet clamé son innocence tout au long du procès. Si Gaël Perdriau a pu sortir libre du tribunal, il sera convoqué prochainement en vue de son incarcération.
Les trois coprévenus, qui avaient reconnu les faits et exprimé leurs regrets, ont été condamnés à quatre ans de prison chacun, partiellement assortis de sursis, ainsi qu’à 40 000 euros d’amende, avec là encore un mandat de dépôt différé. Pour justifier la sévérité des peines, la présidente a souligné, au terme d’un jugement d’une centaine de pages, la « précieuse qualité d’élu » de deux des prévenus, et le « devoir d’exemplarité et de dignité » qui en découle.
Dénonçant une « décision injuste », Gaël Perdriau a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel.







