Selon le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran (photo), l’identification des personnes présentes lors de l’agression s’est révélée « difficile ». Les investigations, appuyées par l’exploitation de vidéos et les auditions, ont toutefois permis d’identifier « avec précision » plusieurs suspects. Des interpellations ont suivi entre mardi à 18h et mercredi à 9h, dans plusieurs départements. Plusieurs individus restent néanmoins encore à identifier, a précisé le procureur.
Les sept hommes mis en cause sont âgés de 20 à 26 ans. La plupart sont étudiants ou salariés, l’un est sans emploi et un autre occupe un poste d’assistant parlementaire. Trois d’entre eux déclarent être ou avoir été « proches de la mouvance d’ultragauche ». Deux suspects présentent des antécédents judiciaires : l’un pour violences et usage de stupéfiants, l’autre pour vol et port d’arme.
Face aux policiers, deux suspects ont refusé de s’exprimer, tandis que les autres reconnaissent leur présence sur les lieux, certains admettant avoir porté des coups. Tous contestent toutefois l’intention homicide. Le ministère public a requis le placement en détention provisoire des sept suspects.
Quatre autres individus - trois femmes et un homme - interpellés pour avoir hébergé les suspects ont été remis en liberté, mais seront convoqués ultérieurement par la justice pour recel de malfaiteurs.
Une information judiciaire criminelle ouverte
Le parquet a ouvert une information judiciaire confiée à trois juges d’instruction, désormais chargés de centraliser les investigations. Ils devront enquêter sur l’ensemble des faits, notamment sur la rixe qui a précédé le décès de Quentin Deranque, angle mort, à ce stade, de la procédure.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent deux groupes en venir aux mains, certaines personnes semblant armées de béquilles, parapluies et bombes lacrymogènes. La plupart des protagonistes étant vêtus de noir et encapuchonnés, il est difficile d’établir, à ce stade, leur appartenance à l’un ou l’autre des camps.
L’enquête entre désormais dans une phase judiciaire longue et déterminante. Les magistrats instructeurs devront préciser le rôle exact de chacun, établir les responsabilités individuelles et trancher la question centrale : s’agit-il d’une rixe qui a mal tourné ou d’un homicide volontaire ? À ce stade, plusieurs zones d’ombre persistent, notamment sur l’ensemble des participants à l’agression.







