publicité fleche bas
actualite
Retrouvez
Lyon Info sur :
logo-facebook logo-twitter rss
Accueil > Culture > Quatre expositions pour explorer l’histoire, l’image et le langage
Partager sur : 
Musée d’art contemporain

Quatre expositions pour explorer l’histoire, l’image et le langage

Le Musée d’art contemporain de Lyon (macLYON) rouvre ses étages avec quatre expositions « autour de la question de l’image », présente la directrice du musée, Isabelle Bertolotti. Un vaste éventail d’images, allant de la rétrospective à l’exposition d’une collection de vidéos, en passant par une monographie de peintures et une intervention ludique dans le bar du musée. L’institution propose ainsi un programme où mémoire, regard sensible et expérimentation dialoguent.

Au premier niveau, l’exposition Encore lui ! met en lumière une figure singulière de la scène locale : Jean-Claude Guillaumon. Dessinateur industriel de métier, artiste autodidacte, il a été adepte du happening et des formes d’art éphémères. Fondateur en 1985 de la Maison des expositions de Genas et l’année suivante du Centre d’arts plastiques de Saint-Fons, il a profondément marqué la vie artistique lyonnaise dès les années 1960.

L’art, c’est la vie

« Un personnage extrêmement atypique », souligne le commissaire de l’exposition Matthieu Lelièvre, qui « a donné les outils à des générations d’artistes ». Après son décès en 2022, sa veuve a fait don d’une grande partie de ses archives au macLyon. Cette rétrospective (photo) - la première qui lui soit consacrée - offre un parcours chronologique de ses 60 ans de création. Elle témoigne d’une œuvre libre et facétieuse, nourrie d’ironie et d’un goût constant pour l’expérimentation. « Dès qu’on tire un fil, on déroule une histoire », s’enthousiasme Matthieu Lelièvre.

Jean-Claude Guillaumon découvre les pratiques performatives lors de la Biennale de Venise en 1964, avant de se rapprocher de l’esprit Fluxus et de collaborer avec des artistes tels que Ben, George Brecht ou encore Daniel Buren. À Lyon, il participe à l’émergence d’une scène alternative, multipliant happenings, actions et dispositifs expérimentaux. L’exposition restitue cette pratique protéiforme, surtout à travers des photographies, mais aussi quelques dessins, vidéos, masques et installations. Elle témoigne d’une conception de l’art comme expérience vécue… fidèle à la maxime qu’artiste partageait volontiers : « l’art, c’est la vie ».

Ode à la lenteur

Changement de format au deuxième étage du musée avec Regards sensibles qui réunit 28 vidéos issues de la collection privée, constituée pendant plus de trente ans par Isabelle et Jean-Conrad Lemaître et aujourd’hui donnée au musée. Lorsque les deux passionnés d’art ont débuté leur collection en 1996, « personne n’achetait des vidéos », se souvient Isabelle Lemaitre. « Nous avons suivi nos artistes photographes lorsqu’ils passaient de l’image fixe à l’image en mouvement », complète son mari. Cette donation, bâtie sur des « coups de cœur », plutôt que des thématiques précises, retrace ainsi l’évolution du médium entre 1985 et 2025. Elle comprend au total 170 films et fait désormais du macLYON l’un des pôles majeurs de l’art vidéo en France.

Conçue par la commissaire indépendante Tasja Langenbach, l’exposition se fait en grande partie ode à la lenteur. À rebours de la consommation rapide des images numériques, le parcours invite à prendre le temps du regard et de l’émotion. Majoritairement contemplatif, il guide le visiteur entre récits personnels, paysages filmés et performances enregistrées, révélant toute la diversité d’un médium devenu central dans l’art contemporain.

Les œuvres d’artistes internationaux - de Clément Cogitore à Gillian Wearing, en passant par Ulla von Brandenburg - explorent différentes façons de susciter l’empathie chez le spectateur. Mais également le trouble, dans un espace consacré aux « douleurs et souffrances », explique la commissaire. Les œuvres exposées explorent ici des traumatismes collectifs comme la violence coloniale, l’exil, la migration. A l’image de Barbed Hula, où l’artiste israélienne Sigalit Landau fait tourner autour de sa taille un cerceau fait de fils barbelés, chaque marque imprimée dans sa chair évoquant les souffrances provoquées par les frontières.

Peinture froide

Au troisième étage, la peintre italienne Giulia Andreani déploie avec Peinture froide une vaste exposition monographique consacrée à près de 15 ans de création. L’artiste, installée à Paris et nommée pour le prix Marcel Duchamp en 2022, s’est imposée ces dernières années par une peinture figurative aux tons volontairement froids. « Je travaille beaucoup à partir d’archives photo », explique l’artiste, « des photos historiques ou des clichés d’anonymes. »

Réunissant plus d’une soixantaine d’œuvres - des peintures et aquarelles réalisées entre 2011 et 2025 - le parcours explore la représentation des pouvoirs au XXᵉ siècle, des conflits politiques aux récits oubliés de l’histoire sociale. L’exposition s’organise autour de trois chapitres : la « grande histoire » faite de rapports de domination, la « petite histoire » composée des figures marginales ou invisibilisées, puis la mémoire collective telle qu’elle se reflète dans l’histoire de l’art.

Formée aux Beaux-arts de Venise, mais également à la Sorbonne, Giulia Andreani se dit influencée par l’Ecole de Leipzig et sa tradition figurative, mais également par Bertolt Brecht et la distanciation entre l’acteur et son personnage, caractéristique du théâtre de l’auteur allemand. Des œuvres qui dérangent, comme la série Forever Young, composée de portraits des pires dictateurs du XXe siècle sous leurs traits d’adolescents.

Un café et un jeu vidéo, s’il vous plaît

Enfin, dans un registre plus expérimental, le macBAR accueille l’exposition Bar CodeX, une proposition du duo Wen New Atelier, formé par Kalen Iwamoto et Julien Silvano. Héritiers de l’écriture automatique surréaliste et de l’esprit Fluxus, les artistes conçoivent des œuvres participatives où les visiteurs deviennent co-auteurs.

Installations interactives, dispositifs textuels et pièces hybrides, comme Pong Poem ou Miniscriber, invitent à manipuler les mots et à détourner les mécanismes de production du sens. L’exposition transforme l’espace du bar en laboratoire artistique et social, où se croisent conversation, jeu et création.

Comme toujours, les expositions s’accompagnent d’un riche programme évènementiel. Une trentaine de vidéos supplémentaires de la collection Lemaître seront projetées du 6 mars au 12 juillet, 2 journées d’études sur l’œuvre de Jean-Claude Guillaumon auront lieu les 28 et 29 avril et une rencontre avec Giulia Andreani est prévue dont la date reste à préciser.

Photo : © Michael Augustin

Publié le : vendredi 6 mars 2026, par Michael Augustin

Partager sur : 
 


Commenter :


Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Tops et flops 2025

Lyon fête les lumières, malgré quelques ombres

Même dégraissée, l'édition 2025 réserve ces moments de magie dont elle a le secret… mais aussi son lot de (…)
La suite
Musée d'art contemporain

Nouvelles expositions : des rencontres qui font art

Au Musée d'Art Contemporain de Lyon, l'art naît de la rencontre. Rencontre entre deux musées, deux (…)
La suite
Musée d'art contemporain

Mémoire en danger, futur en question : l'art face à la nature et à la technologie

Le MAC Lyon propose Un voyage entre nature et technologie, entre espèces menacées et intelligence artificielle, (…)
La suite
Psychomagie : un art pour guérir

Jodorowsky, artiste-guérisseur entre réel et magique

Revivre sa naissance, son enfance, voire vivre sa propre mort. La prescription d'Alejandro Jodorowsky est (…)
La suite
Bouquinistes

Comment vendre ses livres d'occasion à Lyon ?

Aussi amoureux qu'on puisse être de livres, soyez honnêtes, combien de livres de votre bibliothèque avez-vous (…)
La suite
Exposition

Lumière sur Yoko Ono

Le musée d'art contemporain (macLyon) de Lyon accueille très prochainement l'une des expositions les plus (…)
La suite
Art contemporain

Découverte et redécouverte à l'IAC

« Collection 15' » et « Demain dans la bataille pense à moi » sont présentés simultanément dans les 12 espaces (…)
La suite
La Une  | La ville  | Economie  | Culture  | Politique  | Ecologie  | Société  | People  | Sport  | Carrière | | Plan du site | | Nos partenaires| SPIP