La situation au Japon s’empire

Quelles conséquences tirer de la catastrophe nucléaire ?

Au Japon le situation de la centrale de Fukushima n°1 semble désormais totalement hors de contrôle, laissant craindre à Xavier Rabilloud, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire à Lyon une catastrophe équivalant « plusieurs Tchernobyl ». L’accident est maintenant classé au niveau de gravité 6 sur l’échelle internationale qui en compte 7. En France, la presse appelle dans sa majorité à un débat sur le nucléaire dans l’Hexagone. Quelle est la réaction de nos voisins européens et de la classe politique française ? Tour d’horizon.

Le « risque zéro n’existe pas » en matière d’énergie nucléaire, affirmaient lundi de nombreux quotidiens comme La Nouvelle République du Centre Ouest, La Charente Libre ou bien encore La Voix du Nord. Une « raison de plus pour exiger que tout soit dit y compris que oui, l’homme joue avec sa vie », écrivait Pascal Jalabert du Progrès.

Une position partagée par nombre de pays dans le monde. L’Allemagne, qui a voté l’année dernière l’allongement de vie de ses réacteurs, a ainsi décidé de suspendre cette décision pendant 3 mois. La Suisse a décrété un moratoire sur ses projets de renouvellement de centrales, tandis que l’Inde va vérifier la sécurité de tous ses réacteurs. En Italie, où le gouvernement de Berlusconi compte construire une douzaine de nouvelles centrales après un moratoire de 25 ans, un référendum d’initiative populaire aura lieu sur la question. Opportunément fixé au 12 juin, c’est à dire au début des vacances, il aura toutefois peu de chances de réunir le nombre de votants nécessaire. Seul le premier ministre russe Vladimir Poutine a indiqué qu’il ne comptait pas remettre en cause ses projets nucléaires.

En France, les écologistes réclament la tenue d’un référendum sur le sujet (Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit ou Nicolas Hulot) ou demandent une loi (Noël Mamère). Ils sont cependant toujours bien seuls à demander la sortie du nucléaire. Le PS, par la voix de son porte-parole Benoît Hamon s’est contenté de demander un « diagnostic précis du parc nucléaire français », oubliant au passage que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en effectue déjà plusieurs milliers par an. François Fillon ne semblait pas beaucoup plus au fait de l’activité de cet organisme, annonçant lui aussi des contrôles sur le parc français et promettant qu’« aucune des questions posées » par la catastrophe japonaise ne serait éludée. Le Premier ministre avait accusé les Verts de récupération en voulant mettre le nucléaire au centre de la campagne cantonale. « C’est absolument honteux alors qu’il y a des dizaines de milliers de morts au Japon ! » a-t-il feint de s’indigner.

Des propos qu’on entend également en région lyonnaise. Pour l’instant le phénomène est toutefois circonscrit à la ville de Villeurbanne. Dans un communiqué, Richard Llung, Claire Le Franc et Gilbert-Luc Devinaz, candidats socialistes aux élections cantonales se disaient lundi choqués par « la récupération politique à laquelle se livrent quelques-uns. Les mêmes, qui pouvaient par le passé dénoncer l’utilisation par l’extrême droite de faits-divers liés à la sécurité ». Ce mardi, Richard Moralès, candidat centriste aux mêmes élections a remis une couche dans la même veine, dénonçant une « récupération politicienne » et une « précipitation absolument indécente motivée par des calculs électoraux pré-cantonales » de la part des écologistes. Il est vrai que l’accident de Tchernobyl ne remonte qu’à 25 ans. A peine de quoi panser les plaies.

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Publié le : mardi 15 mars 2011, par Tony Truand