OL 0-0 Evian

L’OL accroché par Evian

Le leader rhodanien n’est pas parvenu à battre Evian, premier relégable de Ligue 1. Un résultat décevant qui dénote une nouvelle fois d’une incapacité des Gones à faire respecter la hiérarchie face aux petits du championnat.

Huit victoires, un nul et une défaite : c’était, avant le match face à Evian Thonon Gaillard, le parcours quasi sans-faute de l’OL à domicile en première partie de saison. Seulement, et 2013 démarrant sous des auspices pour le moins capricieuses (élimination en Coupe de France par Epinal, club de National, victoire très difficile acquise à Troyes, 19e de l’élite), la série brouillonne de l’OL s’est poursuivie avec un nul décevant concédé contre Evian, 18e au classement avant le match.

Sans milieu, pas de jeu

Sans fond de jeu, sans envie, sans technique mais surtout sans jus, c’est un OL en leader bien peu crédible qui s’est présenté vendredi soir à Gerland. Avec un Lisandro sur le banc et un Gourcuff titulaire, l’équipe alignée par Rémi Garde semblait tenir la route, le coach ayant enfin fait preuve de caractère en mettant son attaquant vedette sur la touche.

Reste que ce vrai choix tactique, fait au détriment du talent de l’Argentin, n’a pas porté ses fruits. Car si le front de l’attaque balbutie actuellement, avec des latéraux inconstants (Bastos) ou inefficaces (Lacazette) et deux attaquants qui se battent pour une seule et même place (Lisandro/Gomis), c’est surtout au milieu de terrain que l’OL n’est plus présent.

Gonalons est un peu moins tranchant qu’en début de saison, Malbranque moins réactif depuis la reprise 2013 et Gourcuff, au même titre que Grenier, revenait ce soir tout juste de blessure : il est donc compréhensible qu’ils n’aient pas été, ni l’un ni l’autre, d’un grand danger ni d’une grande influence.

Cependant, et si c’est l’absence de milieux créateurs qui s’est lourdement fait ressentir à Epinal et Troyes, c’est en revanche le manque de relayeur qui laissait un goût amer vendredi soir. Steed Malbranque muselé, jamais l’OL n’est parvenu à faire la transition entre la défense et l’attaque. Résultat : de longs ballons balancés (le plus souvent par dépit) en direction d’un Gomis peu vif ou d’un Lisandro esseulé. Non, vraiment, quand il décide de sauter les lignes, l’OL se perd et réduit considérablement ses chances de réussite.

Une fatigue générale

Un autre élément interpelle au sortir du match : les Lyonnais ont fait preuve d’un criant manque de combativité, attribué à une fatigue mentale (l’indécision du mercato hivernal trotterait dans toutes les têtes), mais surtout physique. Un constat qui surprend, alors que les joueurs de Rémi Garde sont justement parti en stage au Maroc en début d’année pour regonfler le moral et recharger les batteries.

Le président du club, Jean-Michel Aulas, s’est même personnellement exprimé au sujet de ce court stage qui, au final, n’aura pas été très judicieux. « Ce stage au Maroc juste avant Épinal était-il utile ? Je ne sais pas. C’était sans doute une erreur, mais on peut en faire aussi », a-t-il reconnu.

Dernier point noir de la soirée : à l’issu du match, Lisandro Lopez est longuement resté sur la pelouse, prenant le soin de saluer tous les virages de supporters. Un geste inhabituel qui peut signifier beaucoup : on sait en effet que l’Argentin est en négociations avancées avec la Juventus de Turin autour d’un départ cet hiver. Et même si l’association Gomis/Lisandro a porté ses fruits ces trois dernières saisons, il apparaît aujourd’hui essentiel de se libérer d’un des deux goléador, pour d’une part alléger la masse salariale du club, et d’autre part calmer les égos et tensions inhérentes à une concurrence devenue presque malsaine.

Plus que jamais, cette année 2013 commence de façon difficile pour l’OL.

Publié le : samedi 19 janvier 2013, par Mikhaël Defoly