Coopération internationale

Le Département veut réinsérer 20 familles roms chez eux

Aider 20 familles roms à retourner chez eux pour s’y installer durablement, voilà l’objectif d’une convention que le Conseil général du Rhône vient de signer avec le Judet (l’équivalent du département) d’Alba, situé au Centre-Ouest de la Roumanie.

Logement, éducation, santé et emploi sont les quatre volets de la coopération entre les deux territoires. « Il s’agit de prévenir le déplacement de ces populations et de préparer le retour dans leur pays des familles qui le souhaitent », explique Danielle Chuzeville, présidente du Conseil général du Rhône.

Une approche à contre-courant de l’aide au retour instaurée par Nicolas Sarkozy en 2006 et qui consistait à accorder une dotation financière (300 euros par adulte, 100 par enfant) aux Roms acceptant de rentrer dans leur pays d’origine. « L’expérience a montré que verser une enveloppe pour qu’ils repartent, ça ne marche pas », souligne Danielle Chuzeville. « L’argent était récupéré dès leur retour par des personnes bienveillantes... »

L’aide prévue dans le cadre de la coopération entre le Rhône et le judet d’Alba, 3660 euros par famille, ne leur est donc pas directement versée mais financera les démarches d’insertion. « Les problèmes sont les mêmes qu’ici », note la présidente du Conseil général, qui souhaite mettre l’expérience de sa collectivité à la disposition de ses partenaires roumains.

Les vingt familles bénéficiaires seront choisies sur la base du volontariat parmi les Roms originaire d’Alba présents dans le Rhône. Une sélection qui devrait s’effectuer d’ici 2015. « 30% des Roms souhaitent rentrer chez eux », estime Charles Bréchard, vice-président du Conseil général en charge de la coopération décentralisée. Les vingt familles bénéficieront alors « soit d’un emploi en entreprise, soit d’une parcelle à labourer », précise Ion Dumitrel, le président du Judet d’Alba.

Deux fois plus vaste que le département du Rhône, le judet d’Alba compte cinq fois moins d’habitants. Il connait néanmoins un certain dynamisme économique, notamment grâce à l’installation de plusieurs usines agroalimentaires et de sous-traitants automobiles, selon Danielle Chuzeville qui s’y est rendue en septembre dernier.

Les liens entre les deux collectivités sont anciens. Depuis le début des années 1990 des associations françaises et roumaines collaborent notamment dans les domaines des l’agriculture, de la culture et du tourisme.

Publié le : mercredi 11 décembre 2013, par Michael Augustin