Mutinerie des Bleus

Verdict clément pour Toulalan

L’affaire qui gangrène les Bleus depuis le fiasco du Mondial Sud-Africain a connu son épilogue aujourd’hui : la Commission de Discipline a condamné quatre des cinq joueurs fortement suspectés d’avoir mené le bateau Bleu à la dérive. Retour sur un triste épisode, symbolisant à lui seul à quel point l’équipe nationale est tombée bien bas.

Nicolas Anelka, Franck Ribéry, Patrice Evra, Eric Abidal et Jérémy Toulalan : ils étaient cinq, dans le viseur de la Fédération Française de Football. Si les trois derniers se sont rendu sur place ce mardi, deux joueurs n’ont pas répondu favorablement à la convocation de la Fédération : Franck Ribéry, que le Bayern de Munich a refusé de laisser partir, même quelques heures, et Nicolas Anelka qui n’a même pas daigné répondre, rappelant à qui veut l’entendre son innocence dans cette affaire.

Une affaire pas évidente aux multiples reproches…

Cette affaire est autant complexe par les faits reprochés aux uns et aux autres que par la balance oscillant entre causes et conséquences. En effet, le détonateur de ces médiocres évènements n’est nul autre que Nicolas Anelka. Le coup de colère, puis le coup de blues du Blues (il aurait insulté son entraîneur, des propos relayés dans l’Équipe qui ont entraîné son exclusion du groupe) a entraîné le mouvement de grève organisé par Ribéry, la lettre d’explication dont Toulalan est l’instigateur ainsi que le forfait volontaire d‘Éric Abidal pour le dernier match des Bleus. Des incidents regrettables (et regrettés) que le capitaine Patrice Evra a davantage appuyés que désavoués. On peut donc en déduire que sans le coup de sang d’Anelka, aucune autre affaire n’aurait vue le jour.

Les sanctions

Du ferme. Le mot prête à faire peur, mais rassurez-vous, c’est de matchs que l’on parle ici, pas de prison. Ainsi, Nicolas Anelka a été le plus lourdement sanctionné par la Commission de Discipline : 18 matchs fermes sans rejouer avec l’Équipe de France. Une condamnation dont l’ancien Parisien se contrefous : il a annoncé ne plus jamais vouloir remettre les pieds en sélection nationale.

Le deuxième joueur le plus sévèrement sanctionné n’est autre que le capitaine Patrice Evra, à qui l’on a reproché son manque d’implication pour endiguer les multiples crises dans le groupe, ainsi que les informations erronées qu’il aurait fait parvenir à ses partenaires dans l’affaire Anelka ; de mauvaises informations qui auraient entraîné la grève : 5 matchs de suspension pour le gaucher.

Franck Ribéry s’en est sorti sans trop de dégâts, avec 3 matchs fermes. Il peut dorénavant se concentrer avec son avocat sur l’affaire Zahia.

Toulalan s’en sort bien

Le Lyonnais Jérémy Toulalan peut souffler un bon coup : il n’a écopé que d’un match ferme avec les Bleus. Absent, comme tous les 23 mondialistes, du voyage en Norvège, il sera donc en mesure de disputer le Bosnie/France du 7 septembre prochain, éliminatoire pour l’Euro 2012.

Enfin, Éric Abidal n’a pas été condamné par la Commission, qui a jugé que son refus de jouer le dernier match contre l’Afrique du Sud était non pas légitime mais compréhensible, de par les évènements des jours précédents cette rencontre. De quoi prouver que la Commission, avant d’être disciplinaire, est également humaine.

Publié le : mardi 17 août 2010, par Mikhaël Defoly