La CGT suspend son projet de reprise de Kem One

Le dossier Kem One connait un rebondissement de plus dans son histoire aussi courte qu’agitée. La CGT de cette entreprise en redressement judiciaire a retiré son projet de reprise baptisée Phoenix.

Placé en redressement judiciaire le 27 mars dernier, seulement huit mois après sa création, ce groupe chimique emploie 2600 personnes, dont la moitié en Rhône-Alpes : à Lyon, où se trouve son siège, ainsi que sur deux sites de production à Saint-Fons (Rhône) et Balan (Ain).

Issu de la scission d’Arkema, qui a vendu son pôle vinylique au financier américain Gary Klesch, Kem One fait l’objet de plusieurs projets de reprise. La CGT avait présenté le sien s’appuyant sur une fiducie qui regroupe les principaux partenaires de l’entreprise (Arkema, Total, RTE, Solvay…) et qui ne poursuivait pas de but spéculatif. Elle a annoncé le 5 décembre, soit la veille de la convocation des prétendants par le juge commissaire du tribunal de commerce lyonnais, qu’elle suspendrait son projet.

« Les acteurs du dossier attendaient une impulsion du Premier Ministre. La CGT a acquis la certitude que cette impulsion aurait permis à Phoenix de prendre son envol. Il aurait suffi que Jean-Marc Ayrault y croie pour que le projet prenne corps et que l’ensemble des acteurs s’y engagent. Malheureusement, cette impulsion n’est jamais venue. Pire, le Premier Ministre n’a pas même pris la peine de répondre aux sollicitations ni de la CGT, ni de Messieurs Queyranne, Collomb ou Vauzelle », écrit le syndicat dans un communiqué.

Parmi les autres candidats, deux semblent tenir la corde : le fonds d’investissement OpenGate Capital, basé à Los Angeles, Paris et São Paulo, et Alain de Krassny, 73 ans, ancien cadre de Rhône-Poulenc et propriétaire depuis 1997 de Donau Chemie Gmbh, en Autriche.

Le tribunal rendra son verdict le 12 décembre.

Publié le : vendredi 6 décembre 2013 (rédigé le : 26 octobre 2021).