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Fusillade à Mermoz

Une marche pour Amar

« Une pensée pour toi Amar » et « Non à la vengeance, oui à la justice » étaient écrits sur les banderoles qui précédaient la marche silencieuse en hommage au garçon de 12 ans, abattu dimanche soir sur la place André Latarget dans le quartier de Mermoz (Lyon 8ème). « Nous ne voulons pas de violence, nous voulons que la justice suive son cours », a clamé Malika, une voisine de la victime.

Plusieurs centaines d’habitants de ce quartier du sud de Lyon s’était rassemblés devant le local associatif de la chaufferie, à quelques mètres du lieu du drame. Brandissant des roses blanches, et après avoir marché dans le quartier, ils ont déposé des fleurs devant le tabac, où 24 heures plus tôt le jeune Amar était mort sous les balles de plusieurs malfaiteurs. « Une grande famille est en deuil... Mermoz », pouvait-on lire sur les messages scotchés sur le rideau du magasin.

« Ca fait des années que je demande que quelque chose soit fait pour ce quartier », s’insurge Naïma Gamaz-Benjamin, adjointe au maire du 8ème. Arborant l’écharpe tricolore, elle prend une gamine aux yeux embués dans ses bras : « regardez ces enfants. » Parmi les manifestants, c’est la surprise. « On ne l’a jamais vue ici », en glissent plusieurs.

Alors que la foule retournait à la chaufferie "pour s’exprimer", comme expliquaient des participants, le voile se lève petit à petit sur les circonstances du drame. « On n’est absolument pas dans une rivalité de bandes ou de grand banditisme, mais plutôt sur une histoire de quartier », explique Marianne Charret-Lassagne, commissaire-chef de la sûreté départementale. Tout serait parti d’un motif futile, une jeune femme d’un quartier voisin, venue acheter des cigarettes, se serait fait insulter. La riposte n’a pas tardé, une bagarre a éclaté entre jeunes de Mermoz et de Bron, puis une deuxième. « Tout s’est passé vite, en une heure et demi », témoigne un jeune homme du quartier.

Alors que des jeunes mermozien s’étaient rassemblés sur la place Latarget, une Citroën Xantia grise ou blanche, avec 3 à 5 personnes encagoulées à bord, remonte la rue à vive allure. A la hauteur du groupe elle ralentit, et ses occupants arrosent les jeunes à la carabine et au fusil mitrailleur. Quatorze impacts de balles ont été retrouvés par les enquêteurs, principalement sur les vitrines d’un bureau de tabac et d’un commerce d’alimentation.

« Tout le monde a peur »

« Ils ont tiré sur tout le monde », témoigne Franck, un riverain. Il avait envoyé ses fils Lorenzo et Vincenzo acheter une recharge téléphonique. « Mon frère m’a plaqué par terre », raconte Vincenzo, le plus petit. Les autres couraient se réfugier dans les commerces. Amar, qui ne faisait que passer par là, meurt sous les balles. « Sa mère l’a envoyé acheter du lait et des bonbons », explique Vincenzo. Des propos corroborés par plusieurs autres témoignages. « C’était un gamin adorable, jamais il ne parlait mal aux gens », poursuit Franck. « Lui c’était piscine, piscine, puis club de foot. Maintenant, tout le monde a peur ici. Je ne laisse plus mes fils sortir le soir. »

Depuis lundi matin, un homme, considéré comme un « témoin important » est en garde à vue. Cet homme « majeur », interpellé lundi à Bron, « n’est pas l’auteur présumé des faits, mais c’est un témoin important car il était impliqué dans une des bagarres qui ont précédé les coups de feu », a souligné Marianne Charret-Lassagne. Amar, l’avant-dernier d’une famille de 5 enfants, aurait fêté ses 13 ans en mars prochain.

Photos : lyon-info.fr

Publié le : lundi 14 décembre 2009, par Michael Augustin

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1 commentaire pour cet article


  • Une marche pour Amar 29 décembre 2009 à03:10

    dommage que certains glissent n’avoir jamais vu naima à Mermoz, elle y est pratiquement née, y travail, et prend son café, là où Amar est tombé tous les matins avant d’aller bosser, prend son déjeuner au même endroit, rend visite à sa famille qui habite le quartier, fréquence le centre social, mange avec les associations du quartier. Il faut de temps en temps faire un peu d’investigation, et on évite ainsi de faire dire à la foule, ce qu’elle ne dit pas.

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