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Cinéma

Un prophète

Malik, l’enfant de la DDASS prend six ans pour une histoire d’agression de policier. Enfant paumé, plutôt que gangsta dangereux, ne sachant ni lire ni écrire, il débarque en Centrale, une prison où les détenus corses, de mèche avec les matons, font régner leur loi. Pour survivre, Malik, l’algérien va devenir leur exécutant et connaître la violence et la loi du plus fort. Mais aussi apprendre à être plus malin qu’eux. A sa sortie de prison, le monde n’est plus le même et Malik non plus. Un film sans happy end, juste avec une lueur d’espoir.

Pour le spectateur, ce film c’est 2h30 de tension, sans un moment de répit. Pas de scènes choc, qui font sursauter, bien que l’hémoglobine n’est pas totalement absente du film, juste une tension à peine soutenable, tout au long.

Jacques Audiard signe ici une brillante parabole du milieu carcéral, de la violence de banlieue et du grand banditisme, mais aussi des rapports humains. Ovationné à Cannes, Un prophète y a remporté le Grand Prix.

« C’est un scénario dense, dont on sait d’avance qu’il va être long et difficile à produire. De plus, il était impossible de tourner en décor naturel. Tout ce qu’on nous proposait était des prisons désaffectées. Cela aurait donné un film d’époque, du Louis XI », s’amuse Jacques Audiard. « Il a fallu alors construire une prison, ensuite lui donner vie. Cela signifiait beaucoup de figurants chaque jour à gérer sur le plateau », confie le réalisateur. « Il y en a pas mal qui avait fait de la taule. Dans le travail de mise en scène, il fallait procéder à l’envers [de ce qu’il fait habituellement, ndlr] et mettre les arrière-plans en scène avant les comédiens. Souvent, on ne savait pas ce qui allait se passer ».

Le personnage de Malik est incarné par Tahar Rahim, 28 ans, dont c’est le premier grand rôle, après une prestation remarquée de petite frappe dans la série La Commune diffusée sur Canal +. « Ce type de personnage casse l’idée générale qu’il n’y a que les sanguins à gros bras qui l’emportent », explique le réalisateur. « Les Corses le considèrent comme un Arabe et les Arabes comme un Corse. Il est renvoyé en permanence dans les cordes. En suivant son parcours, on observe un cerveau en action, que le personnage va d’abord utiliser afin de sauver sa peau, pour ensuite améliorer son sort et enfin accéder au pouvoir. » Et d’expliquer le choix d’un jeune acteur inconnu : « Très tôt, nous avons su que ce récit-là ne pouvait pas tenir s’il était incarné par des acteurs identifiables, des têtes connues, justement parce qu’il s’agit d’une histoire d’accession à la visibilité. »

Et pourquoi ce titre ? « Si j’en avais trouvé un autre, je l’aurais pris », avoue le réalisateur.

- Film français
- Réalisé par Jacques Audiard
- Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif, Reda Kateb, Hichem Yacoubi
- Durée : 2h29 min
- Sortie : 26 Août 2009
- Site officiel : www.un-prophete-lefilm.com

Publié le : mardi 18 août 2009, par Michael Augustin