Doit-elle démissionner ?

Collège Truffaut : Gérard Collomb clashe Nathalie Perrin

Si cela était un avant-goût des municipales, c’est qu’elles s’annoncent pas tristes à Lyon. Mercredi 18 décembre, Gérard Collomb a sorti l’artillerie lourde pour tirer sur Nathalie Perrin-Gilbert qui se présente contre lui sur la liste du Front de gauche. La maire du 1er a répliqué.

L’hôtel de ville avait des airs de camp retranché à l’heure de la traditionnelle conférence de presse sur le budget annuel de la Ville. L’entrée était protégée par des grillages et de nombreuses fourgonnettes de police entouraient le bâtiment, tandis que l’arrivée des journalistes était filtrée sur listing comme pour une soirée VIP.

La raison, la polémique qui agite le lanterneau politique lyonnais depuis 48 heures sur la question du logement des sans-abris. La veille, 150 à 200 militants avaient essayé d’occuper l’ancien collège François Truffaut sur les pentes de la Croix-Rousse, jusqu’à ce que la police les disperse à coups de gaz lacrymo.

Le bâtiment est désaffecté depuis septembre en attendant sa transformation pour accueillir entre autres une auberge de jeunesse et une crèche.

Or, parmi les manifestants, il y avait Nathalie Perrin-Gilbert et le conseiller régional Armand Creus (Front de Gauche). La mairesses des Pentes s’est aussitôt insurgée sur son compte Facebook : « Messieurs les Sénateur Maire de Lyon et Préfet du Rhône, les gaz lacrymogènes, c’est un peu court comme arguments politiques. »

Mercredi, Gérard Collomb a donc tenu à répondre aux accusations, en préambule de la conférence de presse sur le budget. Les responsables des groupes de la majorité ont été priés de faire acte de présence pour montrer leur soutien, tandis que leurs attachés de presse passaient parmi les journalistes pour distribuer des communiqués appelant à la démission de la maire du 1er.

Jean-Yves Secheresse (PS), Gilles Buna (Lyon Écologie), Yves Fournel (Gaec), Nicole Gay (PCF) et Thomas Rudigoz (Centristes), aux côtés de David Kimelfeld (PS) et Louis Levêque (PCF) étaient ainsi assis au premier rang pour écouter la charge de leur patron. Seul Pierre Hémon (Verts) et Anne-Sophie Condemine (Lyon Demain) manquaient à l’appel.

Et ledit patron n’a pas fait dans la dentelle. « Je comprends que des gens soient sensibles au problème du logement. Ce que je comprends moins bien c’est que cette sensibilité soit instrumentalisée par des élus », a-t-il déclaré en préambule, avant d’énumérer toutes les actions menées par la Ville de Lyon et du Grand Lyon en faveur du logement : construction de logements sociaux, aides à l’accession sociale à la propriété etc. « Nous sommes l’agglomération qui, par rapport à la taille de sa population, produit le plus de logements », s’est-il enorgueilli. Avant de juger « totalement irresponsable d’appeler à occuper des locaux » et de dénoncer la « récupération politique »" du sujet fait, selon lui, par Nathalie Perrin-Gilbert.

La réponse de la mairesse du premier ne s’est pas fait attendre. Dans la soirée, elle a rendu public des courriers adressés au maire de Lyon et au préfet, dans lesquels elle alerte sur les cas de deux familles roumaines (quatre adultes et cinq enfants), obligées de dormir dans la rue. « A ce jour, je n’ai reçu aucune réponse de la part de Monsieur le Maire ou de Monsieur le Préfet », conclut l’élue des Pentes.

Elle a reçu le soutien d’Europe Ecologie les Verts qui estime dans un communiqué que « c’est au Maire d’arrondissement, qui a en propre les délégations de l’hébergement et des bâtiments, de faire des propositions concernant l’usage des bâtiments dont sa mairie a la responsabilité. Nous pensons que soutenir des familles en difficulté, y compris par des "coups d’éclats", est un élément de mobilisation. Nous pensons surtout que le rôle d’un élu directement concerné n’est pas seulement de dénoncer mais de rechercher avec persévérance des solutions. »

Mercredi soir, une nouvelle manifestation avait lieu place de la Comédie, devant l’hôtel de ville.

Publié le : jeudi 19 décembre 2013, par Michael Augustin