Recycler, réutiliser, moins jeter

Ressourcerie : un projet solidaire pour s’équiper à prix doux

Une théière à 2 euros, un plafonnier à 8, des assiettes entre 20 et 50 centimes, des vêtements entre 10 centimes et 2 euros, des livres à prix libre, un ordinateur pas tout neuf mais fonctionnel à 30 euros, des disques vinyle et plein d’autres choses encore : bienvenue au paradis des bonnes affaires, la Ressourcerie de Lyon.

En arrivant dans le village associatif de Lyon, le visiteur se trouve nez à nez avec un impressionnant dragon bleu monté sur une vieille Renault. Ce char, conçu il y a quelques années par l’association Montchat en fêtes, défile encore plusieurs fois par an. Si l’endroit est peu connu des Lyonnais, c’est qu’il est caché au fin fond du 3ème arrondissement, dans le quartier des Maisons Neuves, entre Montchat et Villeurbanne. Cet ensemble d’entrepôts aux tuiles rouges héberge une quinzaine de structures associatives. Dans le bâtiment sur la droite, un dédale de couloirs mène entre un atelier de bois et un autre de verre jusqu’à la Ressourcerie.

C’est dans cet espace de 500 mètres carrés, aux allures de caverne d’Ali Baba que l’association Solidarité Afrique propose depuis novembre 2015 des milliers articles à prix doux. Tout provient de dons, de particuliers pour l’essentiel. « Deux fois par an, les gens font le tri dans leur placard », sourit Sandrine Delacour, la responsable de l’association. Et offrent donc à la Ressourcerie ce qui ne plait plus.

Si les vêtements sont le produit phare ici, on y trouve également plein d’autres choses : des étagères pleines de livres, un coin jouets où un Monopoly côtoie une aubergine en peluche, des meubles, de la vaisselle, du grand et petit électroménager, des ordinateurs. « Tout ce dont on a besoin pour s’installer », se félicite Sandrine Delacour. Même si pour la musique, il vaut mieux aimer les artistes morts ou ringards.

Les horaires ont été calés sur ceux des Restos du coeur voisins : les mardis et mercredis, de 9h à 12h30 et de 13h30 à 16h30. S’y ajoute le deuxième samedi de chaque mois, de 10h à 18h pour s’ouvrir à un public différent, d’étudiants et de riverains.

C’est à ces mêmes horaires que les Lyonnais peuvent apporter ce dont ils ne se servent plus. Attention, uniquement des objets propres et en bonne état. « Nous ne sommes pas une déchetterie », précise Sandrine Delacour. Contrairement à ses grandes cousines parisiennes, la Ressourcerie de Lyon n’a pas les moyens de tout réparer ou repriser, même si quelques adhérents ont des compétences en couture ou bricolage.

Tous les dons sont réceptionnés et triés par une trentaine de bénévoles, aidés par trois jeunes en service civique. Les vêtements représentent le plus gros des dons. Il y en a tellement qu’ils s’entassent par cartons entiers dans les étagères, le coin friperie n’offrant pas assez d’espace pour tout exposer. « Ca nous permet d’avoir du roulement », se félicite la responsable.

L’argent récolté permet de financer des projets d’insertion. Entre 100 et 130 jeunes par an, souvent déscolarisés et en grand isolement, sont orientés par des travailleurs sociaux vers la Ressourcerie. « Ici, ils apprennent qu’ils ne sont pas en échec partout, qu’ils peuvent être utiles », souligne Sandrine Delacour. « Nous les sensibilisons également au recyclage et au développement durable. » Certains restent quelques jours, d’autres plusieurs mois.

Mais la ressourcerie soutient également des projets en Afrique, la raison d’être initiale de l’association. Créée en 1992 par des éducateurs de rue lyonnais, elle a pour objectif de sensibiliser les jeunes à la solidarité internationale à travers des projets menés sur place, notamment au Burkina Faso et en Côte d’ivoire. Si les deux activités restent séparées, l’association n’a pas oublié ses racines. La vente de livres à Lyon, permet ainsi d’en acheter à Orodara au sud-ouest du Burkina Faso pour équiper la bibliothèque locale.

Info : Solidarité-Afrique, 13 bis rue Girié, Lyon 3ème, www.solidarite-afrique.com.

Publié le : mercredi 4 juillet 2018, par Michael Augustin