publicité fleche bas
actualite
Retrouvez
Lyon Info sur :
logo-facebook logo-twitter rss
Accueil > Politique > « Ceux qui parlent trop ne font rien »
Partager sur : 
Parole de militant

« Ceux qui parlent trop ne font rien »

Abdelhak Fadly n’est pas du genre à se mettre en avant. « Je suis d’abord un militant discipliné », explique cet élu communiste de Vénissieux. Adjoint en charge des conseils de quartier depuis les dernières élections, il ne ménage pourtant pas ses forces dans cette campagne législative. Retour sur une vie militante bien remplie.

Mercredi matin, une petite dizaine de communistes tractent au marché de la place Léon-Sublet en centre-ville. Abdelhak Fadly arrive après. « Je viens d’une manifestation contre des licenciements », explique-t-il. « Je suis un militant, et un militant fait tout. »

Personne affable, il est aussi sympathique que réservé. « Ceux qui parlent trop ne font rien », juge-t-il. Né il y a 56 ans à Casablanca, « la ville la plus militante du Maroc », il sympathise tôt avec les mouvements marxistes. « Le marxisme est l’analyse la plus pertinente des rapports économiques, sociaux, internationaux », juge-t-il encore aujourd’hui. « Il y a toujours deux classes qui se battent. » Et de montrer sa chemise à carreaux rouges et blancs en souriant : « il y a toujours du rouge. »

Arrivé en France à l’âge de 18 ans pour entamer des études de droit, il s’engage au sein de l’Union nationale des étudiants du Maroc (Unem) où il intègre pendant trois ans le bureau de section. L’organisation estampillée marxiste-léniniste est opposé au régime marocain en place, milite contre un système répressif et oligarque. Mais aussi pour l’appartenance au Maroc du Sahara occidental, un combat qui occupe une place importante dans l’engagement d’Abdelhak Fadly. L’Unem n’ayant pas le droit de présenter des candidats aux élections universitaires, c’est sous la bannière de l’Union nationale des étudiants de France (Unef) qu’il se fait élire délégué.

Sa licence de droit en poche, il part travailler chez Carrefour à Vénissieux, s’installe dans cette ville de la banlieue est-lyonnaise grâce au concours du un pourcent patronal et se marie. Comme ses collègues, Abdelhak Fadly prend sa carte à la CFDT, mais sans briguer de poste. « J’étais fatigué, je ne voulais plus militer », explique-t-il.

En réalité, son engagement politique ne s’arrête jamais vraiment. C’est ainsi qu’après l’assaut israélien contre le camp de réfugiés de Jénine, Abdelhak Fadly crée l’association Jénine-Vénissieux qui vient en aide aux victimes de la guerre. Il fait venir des enfants palestiniens afin qu’ils puissent être soignés dans des hôpitaux français, reçoit le maire de la ville. Tout en continuant de militer pour le changement au Maroc, déplorant qu’il n’y aujourd’hui « plus de structures marocaines à Lyon ».

Son engagement local prend forme en 2001. Il entre au conseil municipal de Vénissieux sur la liste conduite par le maire communiste André Gerin, mais sous la bannière du Mouvement Républicain et Citoyen. La souveraineté du peuple prônée par le parti de l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement lui correspond. Puis, il s’en éloigne, quand il voit y arriver « des gens de droite ». Il intègre alors la section du PCF, est réélu en 2008 et 2014.

Se présentant comme quelqu’un de « très localo-local », Abdelhak Fadly s’investit « à fond » dans les conseils de quartier de sa ville d’adoption. En tant qu’élu, il préside celui de Charles Perrault aux Minguettes en 2001, puis Joliot Curie en 2008 et enfin Saint-Exupéry à la Darnaise depuis 2014. Quitte à se faire engueuler par les habitants pour des problèmes de propreté, de bruit... « Je me dois d’être au service des citoyens », soupire-t-il.

« J’ai toujours passé beaucoup de temps en politique », estime celui qui considère qu’« on rentre en politique comme dans une religion. » A Vénissieux, où on n’est pas trop mélenchoniste, la campagne des législatives a commencé plus tôt qu’ailleurs, pendant la présidentielle. « Nous avons déjà tracté pour Michèle Picard », la candidate PCF.

Dans cette circonscription qui avait voté communiste depuis 25 ans, le Parti communiste se retrouve désormais dans le rôle du challenger. En 2012 la maire de Vénissieux avait échoué à succéder à André Gerin, se faisant éliminer dès le premier tour par le socialiste Yves Blein. Le sortant étant désormais passé sous la bannière d’En Marche ! les communistes veulent laver l’affront. « J’en ai vu trop qui ont retourné leurs vestes », persifle Abdelhak Fadly, qui se veut confiant : « Un militant, ça se bat pour la victoire. On a toutes nos chances. »

Photo : Maya Singh

Publié le : jeudi 1er juin 2017, par Michael Augustin

Partager sur : 
 


Commenter :


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Les caricatures à l'assaut du candidat

Aulas : vaut-il mieux en rire ?

À contre-courant de la campagne officielle, avec ses projets d'un côté et ses fake news de l'autre, une (…)
La suite
Fake news : nettoyer les incuries d'Aulas

Pipeau, mensonges et vidéo

De la pollution à la dette, en passant par les transports en commun et la sécurité, les fake news de l'équipe (…)
La suite
Meeting à la Bourse du travail

Mélenchon à Lyon : médias, Némésis, Bolloré dans le viseur

Le meeting de fin de campagne de La France insoumise s'annonçait incandescent. La venue à Lyon de Jean-Luc (…)
La suite
Liberté de la presse

Lyon People : jusqu'où peut aller le dénigrement ?

Quelles sont les limites de la liberté de la presse ? Couvre-t-elle le dénigrement systématique, les articles (…)
La suite
Liberté de la presse

Jets privés : Aulas se crashe au tribunal

La liberté de la presse est un bien largement supérieur aux contrariétés d'un homme d'affaires, fût-il (…)
La suite
Meeting de lancement de la gauche

« Bâtir des ponts au lieu de creuser des trous »

C'était l'opération reconquête. Conjurer les mauvais sondages, se montrer combatif, galvaniser les soutiens.
La suite
Municipales 2026

Démocratie, solidarité, réquisitions : le programme ambitieux de LFI

À trois mois des municipales de 2026, la liste insoumise assume un cap radical, avec plusieurs propositions de (…)
La suite
La Une  | La ville  | Economie  | Culture  | Politique  | Ecologie  | Société  | People  | Sport  | Carrière | | Plan du site | | Nos partenaires| SPIP