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Sans-papiers

Guilherme Hauka Azanga en cours d’expulsion

Guilherme Hauka Azanga, un sans-papiers angolais de 45 ans, pour lequel élus socialistes et communistes ainsi que des associations et parents d’élèves se sont massivement mobilisés, était mercredi soir « en cours de transfèrement en vue de son expulsion », a indiqué son avocat, Me Laurent Sabatier. Selon un communiqué de l’association Réseau éducation sans frontières (RESF), depuis mercredi « à 16H30, Guilherme ne répond plus au téléphone, il est probablement en cours d’expulsion. Il a été extrait du CRA (Centre de rétention administratif) à 15h50, et a sans doute été embarqué dans un avion qui a décollé de Bron à 17H10 ».

RESF redoute que M. Hauka Azanga n’ait été transféré à l’aéroport de Roissy d’où partait à 22h05 le vol Air France AF928 en direction de Luanda, la capitale de l’Angola. L’association indique également « une présence très forte et très inhabituelle de forces de police » mercredi à l’aéroport de Lyon-Bron. En début de soirée, une nouvelle manifestation du comité de soutien avait lieu aux Terreaux.

Guilherme Hauka Azanga était arrivé en France il y a huit ans après avoir fui son pays où il a perdu sa femme et probablement deux de ses cinq enfants dans la guerre civile. Il s’est depuis installé à Lyon où il élève avec sa nouvelle compagne Florence, une Congolaise en situation régulière, les deux premiers enfants de cette dernière, ainsi que les deux enfants (un garçon de 3 ans et une fille de 15 mois) nés de leur union. Florence souffrant d’un sérieux problème de thyroïde, ses soutiens s’inquiètent du sort des enfants. « Si Guilherme est expulsé, l’assistante sociale de l’école nous a confirmé que les quatre enfants seront placés », affirme Annabelle Billaud, une mère d’élève, citée par le journal le Monde.

Guilherme Hauka Azanga avait été interpellé une première fois le 19 janvier et placé en rétention administrative. Le 31 janvier, il a refusé d’embarquer à l’aéroport de Lyon Saint Exupéry et a alors écopé de 2 mois de prison ferme. Conduit à l’aéroport à sa sortie de prison, le 18 mars, il s’était enduit de matière fécale, mais des policiers l’ont enveloppé d’une couverture avant de le sangler. Lors d’une escale à Francfort, le pilote avait refusé de décoller puisque Hauka Azanga était entravé et celui-ci a dû être rapatrié en France, où il a été à nouveau placé en rétention.

Au bout de trois jours, le juge de la liberté et de la détention (JLD) du tribunal de grande instance de Lyon a refusé de prolonger sa rétention et Guilherme a été libéré. Nouveau retournement de situation le 23 mars, la cour d’appel retoque la décision du juge. Le 25 mars, le sans-papiers est à nouveau arrêté chez lui, sous les yeux de ses enfants, et reconduit au CRA. Dimanche, le JLD des libertés et de la détention avait une nouvelle fois ordonné sa remise en liberté en invoquant notamment l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme, qui garantit le droit au respect de la vie familiale. Mais le parquet a fait appel et a obtenu gain de cause. « Encore une fois, la cour a suivi l’administration », déplore Me Laurent Sabatier. Selon lui, le sans-papiers est très déterminé à rester avec ses proches, et préfère se retrouver en prison en refusant d’embarquer, plutôt que d’être renvoyé en Angola.

Pendant ce temps, la mobilisation se poursuit. Depuis une semaine, des parents d’élèves se relaient jour et nuit à l’école Gilbert-Dru pour réclamer la régularisation de Guilherme. Deux parents d’élèves ont entamé ce mardi une grève de la faim et l’un d’eux indiquait même vouloir se rendre ce mercredi à Roissy, pour empêcher un vol pour l’Angola qui emporterait Guilherme.

Pour la préfecture, il n’y cependant pas de doute « le centre familial de M. Hauka Azanga est dans son pays, en Angola, où résident son épouse et ses 5 enfants », écrit-elle dans un long communiqué en récapitulant toutes les démarches juridiques n’ayant pas abouti. "« Les certificats de décès, le certificat de vie commune avec sa femme actuelle, les actes de naissances sont dans les mains de juges, de la préfecture et de la presse »", s’insurge Julien Delavernhe du comité de soutien. « On brise une famille sans raison », renchérit Catherine, une institutrice, membre de RESF.

Photo : lyon-info.fr

Publié le : mercredi 7 avril 2010, par Michael Augustin

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