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Les fouilles livrent leurs secrets

2000 ans d’histoire ensevelis sous l’Hôtel-Dieu

« Nous sommes dans une ambiance très riche en termes d’archéologie », se félicite Anne Pariente, conservatrice en chef au service d’archéologie de la Ville. Édifices du moyen-âge, décorations de maisons romaines et même des squelettes d’enfant ont été mis au jour lors des fouilles à l’Hôtel Dieu. Des témoins muets des différentes occupations qu’a connues la Presqu’île. Les plus anciens ont 2000 ans d’âge.

Longtemps traversée par des lones (bras d’eau) et remodelée à chaque crue du Rhône, ce n’est que depuis le premier siècle de notre ère que la Presqu’île constitue un quartier unifié entre les pentes de la Croix-Rousse et le quartier d’Ainay. A cette époque-là, de riches commerçants romains s’y installent, profitant des fleuves pour recevoir et écouler leurs marchandises. « Lyon a toujours été un nœud commercial », rappelle Anne Pariente.

Le passé mis au jour par couches successives

Avant que l’Hôtel-Dieu n’entame sa mue en hôtel quatre étoiles, les archéologues s’affairent dans trois des huit cours du site. Dans un premier temps, c’est celle de la Chaufferie, située juste derrière les palissades de la rue Bellecordière, qui a retenu l’attention des archéologues. D’une surface de 2000 m², elle doit accueillir un parking souterrain de 130 places.

Les fouilles ont permis de dégager, à quelque 4m de profondeur, des fondations et de riches décorations, appartenant à des maisons construites entre la fin du Ier et le début du IIe siècle. Parmi les trouvailles, une peinture murale qui décorait probablement la salle de réception d’un commerçant romain. « Un habitat très riche », commente Anne Pariente. La taille de la pièce en témoigne : une centaine de m² au sol, pour une hauteur entre 3,80 et 4,80 m.

« Trouver un lot de cette qualité était une belle surprise », s’écrie l’archéologue en chef. Et une première à Lyon. « Ce sont des tableaux absolument remarquables. » 150 cagettes remplies de morceaux d’enduit peint ont été transférées au service d’archéologie, où la trouvaille est actuellement en cours de reconstitution. Conservés en très bon état, les tableaux représentent des scènes dionysiaques (de Dionysos, dieu de la vigne), figurant des amours (sorte de petits cupidons) et des scènes de chasse avec une ribambelle d’animaux, de la panthère aux oiseaux. Une fois l’analyse archéologique terminée, le puzzle sera confié au musée gallo-romain de Fourvière.

La zone commerciale devient terre agricole

Après le départ des Romains vers le IIIe siècle après JC, le Rhône s’est chargé de recouvrir leurs traces de terre noire, très fertile. L’endroit accueille alors des exploitations agricoles. Si les fouilles n’ont pas permis de découvrir les vestiges d’une ferme, les archéologues ont trouvé deux tombes comprenant des squelettes d’enfant datant de cette époque-là. En l’absence de mobilier funéraire ou d’habitation à proximité, ils n’ont toutefois pas encore pu être daté avec certitude. « Entre l’Antique et le douzième siècle, antérieur à la première construction de l’hôpital », selon Anne Pariente. Des analyses au radiocarbone sont en cours pour en savoir plus.

Un hôpital presque millénaire

Si l’Hôtel Dieu a effectivement été fondé au XIIe siècle, il ne reste aujourd’hui plus rien des premiers bâtiments, qui se trouvaient alors à la place de l’église actuelle. En 1622, ils ont été rasés et remplacés par un ensemble de constructions en forme de croix, groupées autour d’un dôme central : les Quatre-Rangs. Puis, au siècle suivant, entre 1741 et 1761, Jacques-Germain Soufflot a considérablement agrandi l’hôpital, le dotant de sa façade majestueuse et de son grand dôme, et donnant ainsi à l’entrée orientale du cœur historique de la ville son caractère monumental.

Mais avant il fallait faire de la place. Le Bourg Chanin, un quartier résidentiel qui s’étirait depuis la fin du Moyen Âge entre le fleuve et la rue Bellecordière, a ainsi été presque complètement rasé en 1739 (les dernières constructions disparaissent en 1843). De nombreux vestiges de ces habitations, datant du XIVe au XIXe siècle, ont été découverts lors des fouilles. Une petite forge atteste des activités artisanales, tandis que des allées pavées de têtes de chat (galets) et jardins témoignent du caractère résidentiel du quartier.

Sans oublier la loge des fous. Construit par le même Soufflot, ce bâtiment était destiné à accueillir les personnes aliénées. Traversant la cour de la chaufferie, il a été détruit en 1937. « De très belles fondations en pierres dorées » ont été découvertes lors des fouilles, enfouies quelques centimètres sous le sol de l’hôpital, indique Anne Pariente.

D’autres découvertes en vue

Alors que les fouilles dans la cour de la chaufferie sont terminées depuis janvier, d’autres commenceront cet été. La cour du midi, qui devra accueillir une galerie commerciale, et celle de la pharmacie livreront alors leurs secrets. Les premiers sondages ont d’ores et déjà permis de découvrir d’autres habitations antiques et même cinq sépultures d’un cimetière protestant du XVIIIe siècle.

Photo : © Ville de Lyon

Publié le : lundi 8 avril 2013, par Michael Augustin

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