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Bellecour, « prison à ciel ouvert »

Émeutes : plainte contre l’état

« La démocratie ne fonctionne pas sans la justice sociale », clament les membres du Collectif du 21 octobre. Ce collectif, qui regroupe une quarantaine d’associations, syndicats et partis politiques, tient son nom du jour où, au plus fort des émeutes qui avaient ébranlé le centre-ville lyonnais, les forces de l’ordre avaient encerclé, plusieurs heures durant, 621 personnes sur la place Bellecour, avant de les exfiltrer, contrôler et photographier un par un. Au siège départemental de la Ligue des droits de l’homme (LDH), le collectif a réaffirmé sa volonté de « mettre en lumière les abus de la police ». Étape importante, une saisine du procureur de la République est en cours.

Le comité entend dénoncer de nombreuses violations de la loi lors de cette journée du 21 octobre. « Les responsables légaux des mineurs n’étaient pas prévenus de la rétention de ces derniers », énumère Stéphane Gomez, président départemental de la LDH. « Le contrôle photographique dans le cadre du contrôle identitaire constitue un fichier identitaire et ne peut être produit que par arrêté ministériel, ensuite, les moyens mis en œuvre par la police étaient disproportionnés et, le droit d’aller et venir a été bafoué. » Soutenus par le syndicat des avocats de France et le syndicat de la magistrature, les membres du collectif du 21 octobre se disent prêts à aller au bout. « On espère que le préfet ou le responsable de la sécurité s’expliquera un jour devant la justice. Nous irons devant la cour européenne des droits de l’homme s’il le faut », glisse Jean–Luc Cipière, membre d’Attac.

Première étape, les membres du collectif encouragent les personnes retenues à Bellecour à porter plainte. Pour aider financièrement, une soirée de soutien avait été organisée à Vaulx-en-velin, qui a permis de récolter un peu moins de 800 euros. « Cette procédure coûte au minimum 400 euros par plainte », explique Stéphane Gomez, président fédéral de la LDH. Différentes associations, comme SOS Racisme ou la Ligue des droits de l’homme, ont annoncé leur volonté de se porter partie civile. « Elles apporteront ainsi une caution morale », souligne Stéphane Gomez.

Autre procédure engagée par le collectif, une lettre signée par l’ensemble de ses membres a été remis au procureur pour lui demander l’arrêt des poursuites. « Plus le poids médiatique et social de notre action sera important, plus nous pourrons espérer », note Jean-Michel Drevon membre du syndicat FSU. La prochaine réunion du comité, qui dit avoir reçu une cinquantaine de témoignages, aura lieu le 7 janvier prochain pour faire le point sur les dépôts de plainte.

Photo : © Michael Augustin (archives)

Publié le : vendredi 31 décembre 2010, par Bruno Poncet

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