publicité fleche bas
actualite
Retrouvez
Lyon Info sur :
logo-facebook logo-twitter rss
Accueil > Société > Formation des profs : Les élèves payent le prix de la réforme
Partager sur : 
Absence d’encadrement, surmenage...

Formation des profs : Les élèves payent le prix de la réforme

5 mois après la rentrée, la réforme de la formation des professeurs montre l’ampleur de ses failles. Elle a jeté dans la fosse scolaire de jeunes diplômés sitôt sortis de l’université. Supprimant la formation en alternance de l’IUFM, elle oblige ces stagiaires à apprendre sur le terrain, sans formation préalable. Quitte à se ruiner la santé. Un encadrement est prévu, mais ses conditions d’application laissent à désirer.

« Je ne dis pas que ça a été facile pour les stagiaires de débuter directement à plein temps. Mais nous n’avons pas eu de retours négatifs », affirme Denise Courbon, en charge de la formation des enseignants au rectorat de Lyon. « Nous avons même enregistré moins de démissions que les années précédentes. » Pour elle, la nouvelle organisation a donc fait ses preuves.

Jusqu’à l’année dernière, les futurs enseignants sortaient avec une licence de l’université, avant d’intégrer l’IUFM où ils alternaient pendant deux ans cours théoriques et enseignement à mi-temps. Depuis la rentrée dernière, le niveau master est exigé pour enseigner. En revanche, exit la formation en alternance. Les jeunes professeurs se retrouvent directement à temps plein devant une classe, avec comme seul bagage une formation initiale de 3 jours. Un enseignant expérimenté doit leur servir de tuteur durant les premiers mois. Une deuxième formation, plus poussée, de 4 semaines suit de mi-février à mi-mars.

Chez les syndicats, on ne partage pas du tout l’optimisme du rectorat. En l’absence de chiffres officiels, le Syndicat national des enseignements du second degré (SNES) de Lyon a réalisé en janvier son propre sondage pour tirer un premier bilan de la réforme. Un stagiaire sur cinq dans l’académie y a répondu. Les conclusions sont loin d’être idylliques. Pour 37% des stagiaires interrogés, le tuteur, censé les encadrer et guider, travaille dans un autre établissement. Sans encadrement adéquat, les jeunes professeurs atteignent vite leurs limites. 26% ont déjà été en arrêt maladie depuis le mois de septembre pour cause de surmenage, tandis que 33% s’estimaient toujours en état de surmenage en janvier.

Aurélie*, stagiaire en philosophie, témoigne lors de l’enquête du SNES : « j’ai l’impression d’avoir, à jamais, raté la possibilité d’avoir une vraie formation. Plus qu’à moi et à mon état d’âme, je pense aux élèves. Ce sont eux qui payent le prix de cette réforme. »

*Prénom d’emprunt

Lire aussi :

 « Le rectorat nie totalement nos difficultés »
 Philippe Meirieu : « Les stagiaires hésitent entre dépression et répression »
 Les enseignants unis contre les suppressions de postes

Photo : © Eve Renaudin

Publié le : mardi 22 février 2011, par Eve Renaudin

Partager sur : 
 


Commenter :


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Peut-on encore manifester en noir ?

Au tribunal : « On ne se protège pas contre la police »

Aller en manifestation habillé en noir avec un masque chirurgical, c'est mal. Trois jeunes l'ont appris à (…)
La suite
Qui est XH4 ?

Un journaliste syndiqué arrêté la veille d'une manifestation

Il est 20h17 lorsque Sébastien L. rentre chez lui. Dans le hall de son immeuble, cinq policiers cagoulés se jettent (…)
La suite
L'enquête progresse

Rixe mortelle : sept suspects arrêtés, d'autres recherchés

Sept hommes, soupçonnés d'avoir participé à la rixe mortelle, sont désormais au cœur d'une information (…)
La suite
Enquête criminelle pour homicide volontaire

Agression mortelle de Quentin D. : ce qu'on sait vraiment

Deux jours après la mort de Quentin D., le parquet de Lyon a livré, lundi 16 février, les premiers éléments de (…)
La suite
Tribunal correctionnel

Violences policières : « on était en mode Bagdad »

« Le vieux qui gueulait, il a mangé sa mère. » C'est ainsi que le major Pascal B. s'est vanté devant ses (…)
La suite
Immigration

40 ans après, la Marche des Beurs revient à Lyon

Un collectif d'associations s'est constitué pour faire connaitre la Marche des Beurs, entreprise il y a 40 (…)
La suite
Semaine bleue

Aider les oubliés de la République

La semaine bleue, consacrée aux seniors, tombe à point nommé pour aider les personnes âgées à retrouver une vie (…)
La suite
La Une  | La ville  | Economie  | Culture  | Politique  | Ecologie  | Société  | People  | Sport  | Carrière | | Plan du site | | Nos partenaires| SPIP