publicité fleche bas
actualite
Retrouvez
Lyon Info sur :
logo-facebook logo-twitter rss
Accueil > Politique > Collomb démissionne de la mairie pour conquérir l’Elysée
Partager sur : 
Thierry Philip devrait lui succéder

Collomb démissionne de la mairie pour conquérir l’Elysée

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Gérard Collomb, qui jusqu’alors se plaisait à évoquer un troisième voire un quatrième mandat à la mairie de Lyon, annoncera lundi qu’il démissionnera de son poste de maire pour se consacrer pleinement à l’investiture du PS pour 2012. Depuis le retrait de Dominique Strauss Kahn des primaires, Gérard Collomb paraît en effet le mieux placé pour incarner le courant réformiste. Ragaillardi par de récents sondages le plaçant en troisième position à une courte tête derrière Martine Aubry et François Hollande, l’encore maire de Lyon a donc décidé de s’investir pleinement dans la course à la présidence de la République. Le maire du 3ème Thierry Philip devrait lui succéder à la mairie centrale, tandis que Najat Belkacem est pressentie pour celle du 3ème.

Cette fin de semaine aura décidément été riche en rebondissements. Jeudi à 17h24, une dépêche AFP annonce l’impensable : Dominique Strauss-Kahn, pourtant archi-favori pour l’investiture socialiste, décide de ne pas concourir aux primaires du PS. « Il a dû trouver que ce n’était pas assez bien payé », persiffle Pierre Hémon, chef de file des Verts au conseil municipal, qui ne porte pas le directeur général du FMI dans son cœur. Les 19 331 euros mensuels que Nicolas Sarkozy s’octroie, tiennent effectivement de l’argent de poche à côté des 60 833 euros que DSK gagne au FMI.

D’autres, à l’instar de la mairesse du 1er Nathalie Perrin-Gilbert évoquent un problème de « calendrier », le mandat de directeur général du FMI ne s’achevant que fin octobre 2012. Romain Blachier, adjoint PS à la mairie du 7ème, blogueur et strauss-kahnien patenté, avance une autre explication : « le PS n’est plus en phase avec Dominique Strauss-Kahn. Ils ont verrouillé le programme pour la présidentielle de telle manière qu’il soit incompatible avec DSK. » Avant de dénoncer une « gauchisation dangereuse » du parti.

Jeudi 21h54, un e-mail du service de communication de la Ville arrive dans les rédactions lyonnaises : « Suite à l’annonce du directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn de ne pas prendre part aux primaires du Parti socialiste, Gérard Collomb a décidé de se porter candidat à l’investiture socialiste pour l’élection présidentielle de 2012. Il compte s’engager pleinement dans cette nouvelle mission, dans le but de défendre au sein de son parti, puis devant les Français un projet de politique réformiste et réaliste. » 6 minutes plus tard, une dépêche AFP précise : « Gérard Collomb démissionne de la mairie de Lyon pour se consacrer aux présidentielles », avant de rappeler les ambitions nationales nourries par le premier magistrat de la ville de Lyon.

« Si DSK n’y va pas je me présenterai », avait répété Gérard Collomb encore le 5 mars à l’hôtel Best Western de Perrache, lors du lancement de son livre Et si la France s’éveillait.... Une œuvre programmatique de futur candidat. « Notre imaginaire politique se concentre et s’incarne dans la nation, alors que notre existence politique et économique se joue, d’un côté, dans le monde (par l’Europe), de l’autre, au niveau local (par nos territoires) », y écrit Gérard Collomb. Une vision politique à mille lieux de celle défendue par sa première secrétaire. « Il y a la Martine de Lille, et l’Aubry de Solférino. Elle a deux discours. A Lille, elle est comme moi. Je préfère la Martine de Lille », avait-il confié récemment.

Il ne manquait alors plus qu’une chose pour transformer le rêve présidentiel en feuille de route : l’appui des sondages. C’est désormais chose faite. Après un mois d’omniprésence sur (quasiment) toutes les chaînes de télé et stations de radio pour parler de son bouquin, le message réformiste de Gérard Collomb semble faire mouche. Deux études ont montré coup sur coup que le futur ex-maire de Lyon commence à creuser son sillon. Tout d’abord, un sondage Ifop commandé par le Parti socialiste, le place désormais en troisième position parmi les présidentiables. A la question « quel personnage politique ferait selon vous un bon président ? », 57% des sympathisants de gauche répondent Gérard Collomb, contre 59% pour François Hollande et 64% pour Martine Aubry (choix multiple possible), Dominique Straus-Kahn ayant obtenu 71%. Puis, le dernier sondage CSA pour 20 Minutes, publié jeudi crédite Gérard Collomb de 23% au premier tour de la présidentielle, s’il est désigné candidat, devant Nicolas Sarkozy (22%) et Marine le Pen (20%). Dans ce même sondage, François Hollande obtient 24%, Martine Aubry 26% et DSK 33%. Autant dire que les 3 candidats restants se tiennent dans un mouchoir de poche.

Il n’en fallait pas plus pour pousser le sénateur-maire à franchir le pas. « Il sait que s’il ne bouge pas maintenant, l’attention va retomber et il sera mort », commente Romain Blachier, un proche du candidat. « Depuis l’échec de ses magouilles aux cantonales, il doit se sentir à l’étroit dans la politique locale, il lui faut plus grand », avance Pierre Hémon. Un conseil municipal extraordinaire, lundi 11 avril devra valider l’élection de Thierry Philip pour succéder à Gérard Collomb. Le maire du 3ème sera, lui, remplacé par Najat Belkacem.

La seule question qui reste, et elle est de taille : que se passera-t-il si le maire de Lyon échoue aux primaires ou à la présidentielle ? Ni Gérard Collomb ni Thierry Philip n’étaient joignables jeudi soir pour y répondre.

Photo : © Michael Augustin (archives)

Publié le : vendredi 1er avril 2011, par Michael Augustin

Partager sur : 
 


12 commentaires pour cet article


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Après le premier tour

Aulas : anatomie d'un naufrage

Jean-Michel Aulas, richissime homme d'affaires et ex-président de l'OL, est passé en l'espace de (…)
La suite
Municipales 2026

Un accord pour « balayer Aulas et sa droite réactionnaire »

Anaïs Belouassa Cherifi avait donné rendez-vous à la presse sur un terrain de basket à proximité des tours de la (…)
La suite
Premier tour

Aulas s'effondre, la Métropole pourrait basculer

Le contraste n'aurait pas pu être plus saisissant : une gauche euphorique, une droite catastrophée. Les autres (…)
La suite
Les caricatures à l'assaut du candidat

Aulas : vaut-il mieux en rire ?

À contre-courant de la campagne officielle, avec ses projets d'un côté et ses fake news de l'autre, une (…)
La suite
Fake news : nettoyer les incuries d'Aulas

Pipeau, mensonges et vidéo

De la pollution à la dette, en passant par les transports en commun et la sécurité, les fake news de l'équipe (…)
La suite
Meeting à la Bourse du travail

Mélenchon à Lyon : médias, Némésis, Bolloré dans le viseur

Le meeting de fin de campagne de La France insoumise s'annonçait incandescent. La venue à Lyon de Jean-Luc (…)
La suite
Liberté de la presse

Lyon People : jusqu'où peut aller le dénigrement ?

Quelles sont les limites de la liberté de la presse ? Couvre-t-elle le dénigrement systématique, les articles (…)
La suite
La Une  | La ville  | Economie  | Culture  | Politique  | Ecologie  | Société  | People  | Sport  | Carrière | | Plan du site | | Nos partenaires| SPIP