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Jeunes : la violence explose

Cette quatrième journée d’émeutes entre jeunes et forces de l’ordre a été marqué par une nouvelle escalade de la violence. Pour la première fois, des pillages ont été commis en centre ville. Un centre ville paralysé par les affrontements pendant près de 8 heures. Des jeunes ont joué au chat et à la souris dans les rues de Lyon toute la journée, retournant 21 véhicules, en incendiant 6 et pillant 9 magasins. La police a procédé à 74 interpellations, 3 fois plus que les autres jours. La Direction départementale de la sécurité publique du Rhône (DDSP) a mobilisé un hélicoptère de la gendarmerie pour identifier les casseurs et un camion du GIPN. Selon son directeur, Albert Doutre, ces exactions sont le fait de petits groupes de casseurs très mobiles. Il s’agirait de « véritables phénomènes de guerilla urbaine ».

Dès 9h30, plusieurs groupes de jeunes ont allumé des feux de poubelles en Presqu’île et jeté des projectiles sur les CRS. Rue de la République plusieurs véhicules, dont une fourgonnette, ont été retournés, et un incendié. La place de la Bourse a été vandalisée puis, les casseurs se sont orientés vers Bellecour.

Jusqu’à midi, la place a été le théâtre d’une bataille rangée entre une centaine de jeunes et les forces de l’ordre. Aux jets de pierre et de projectiles, CRS et gendarmes mobiles ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. Puis, tandis que la manifestation syndicale s’est rapprochée de la place Bellecour, les casseurs ont reflué vers la rue Victor Hugo, où une trentaine de vitrines ont été cassées et plusieurs boutiques pillées. Une vidéo amateur montre le pillage d’un magasin de jeux vidéo. D’autres commerçants, plus prévoyants, ont baissé leur rideau à temps.

En parallèle, de nombreuses dégradations ont été constatées en marge de la manifestation officielle. Le long de l’avenue Gambetta, quatre voitures ont été renversées. Nombre d’autres ont subi des dégradations, comme des pare-brises éclatés. Des containers à verre ont également été renversés. Ces exactions ont retardé d’environ une demi-heure le départ de la manifestation.

Vers 13h, l’affrontement entre CRS et lycéens a continué place Antonin Poncet. Le salon Handicap et dépendance, qui devait se tenir là sous un chapiteau, a été annulé en catastrophe. Pierre Hemon, adjoint aux personnes âgées commente : « je ne voyais pas du tout les handicapés évoluer là-dedans. » Philippe Meirieu, vice-président du Conseil Régional a tenté de calmer le jeu. Se saisissant du micro de la CGT, il a demandé aux manifestants de ne pas céder « aux provocations qui viennent de partout » et a exhorté les syndicalistes à s’interposer entre les lycéens et les forces de l’ordre.

Des taupes à la BAC ?

Une dizaine de policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) auraient procédé à des interpellations, déguisés en syndicalistes. « Ils étaient habillés tout en noir, façon d’jeunz, avec des autocollants CGT », raconte une militante syndicaliste. « Ils ont chopé 7 jeunes qu’ils ont entraînés dans une cour. Puis des pompiers cégétistes sont arrivés et leur ont arrachés les autocollants. »

Pendant tout l’après-midi, des nuages de gaz lacrymogène flottaient au-dessus de la place Bellecour. 190 grenades avaient été tirées, selon le préfet Jacques Gérault. D’autres incidents ont eu lieu dans des rues adjacentes. Rue de la Barre, une Ford Ka a été saccagée, puis incendiée. « C’est dégueulasse », commente un jeune manifestant qui observe le spectacle. « Qu’ils s’en prennent aux 4x4. Si ça se trouve, ce gars-là n’a même pas d’assurance tous risques et devra payer de sa poche. »

Vers 18h, le calme revient. Au total, « 1300 casseurs actifs », âgés de 17 à 20 ans, ont été dénombrés. Parmi les 74 personnes interpellées « 47 sont scolarisées en lycées ou collèges », selon le préfet. Outre les dégâts matériels, plusieurs blessés sont à déplorer. Un policier a été touché à la rotule par un jet de pierre, ainsi qu’un photographe de presse par un jet de bouteille au visage. Un jeune aurait été coupé à la jambe, selon un premier bilan.

500 policiers ont été mobiliusés. La préfecture du Rhône a annoncé l’arrivée en renfort, dès mercredi, de 3 unités mobiles supplémentaires, soit 240 fonctionnaires.

Réactions

Les commentaires n’ont pas tardé à affluer. Denis Broliquier, maire du 2e arrondissement, était sur le terrain, à la rencontre des commerçants. « Je suis scandalisé par le déferlement de violence que j’ai vu et par la casse à laquelle se sont livrées quelques centaines de personnes. Je suis aussi scandalisé par l’attitude des forces de l’ordre qui n’ont pas réagi en arrêtant les casseurs. Ils ont des consignes pour contrôler la situation mais pas pour les arrêter », a-t-il déclaré selon Lyon Capitale.

Le député communiste appelle dans un communiqué les « parents, adultes, militants [à] condamner ces casseurs qui détruisent le bien public et les biens des personnes, menacent la sécurité en se moquant des lycéens et des étudiants. Ils détruisent, brûlent sans raison pour discréditer, pourrir et casser la popularité des manifestations pacifiques. Ils veulent contribuer à retourner l’opinion. C’est ’bingo’ pour le gouvernement. »

Le président de la CGPME François Turcas demande la mise en place de « groupes d’îlotiers qui auraient ainsi pour mission de quadriller les quartiers commerçants et d’assurer une mission d’animation, orientation auprès des passants. Ils exerceraient aussi une veille sécuritaire auprès des commerçants et des forces de police. »

Le chef de file UMP à Lyon Michel Havard « remercie les forces de l’ordre pour le travail difficile qu’elles accomplissent chaque jour et souhaite que les auteurs de ces infractions inacceptables soient arrêtés, déférés devant la justice et condamnés au plus vite. »

Le Mouvement des jeunes communistes du Rhône, dénonce « les pratiques de ces groupes de jeunes qui, sous couvert de vouloir lutter contre le gouvernement, détruisent et saccagent l’outil de travail de centaines de travailleurs, travailleurs qui doivent affronter les mêmes problématiques que nous. » Les jeunes communistes s’en prennent aussi à la police, qui serait « intervenue bien trop tard alors qu’elle était présente sur les lieux et allant jusqu’à inciter volontairement à la violence. Nous dénonçons les provocations policières et l’attitude irresponsable du gouvernement, qui par sa détermination à vouloir faire appliquer cette réforme injuste, est directement responsable de ces violences. »

En raison de la situation, le maire PS de Lyon Gérard Collomb a décidé d’écourter son déplacement en Asie et de rentrer d’urgence. Il sera de retour mercredi matin.

Découvrez toutes les photos sur www.facebook.com/lyoninfo.

Photos : Michael Augustin

Publié le : mardi 19 octobre 2010, par Michael Augustin

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