publicité fleche bas
actualite
Retrouvez
Lyon Info sur :
logo-facebook logo-twitter rss
Accueil > Société > « Nous ne sommes pas des inadaptés sociaux »
Partager sur : 
Assises de la prostitution

« Nous ne sommes pas des inadaptés sociaux »

Pénalisation des clients, précarisation du métier, violences, risques liés aux IST, etc. Vendredi dernier, les assises de la prostitution tentaient d’apporter une réponse aux multiples menaces qui pèsent sur cette profession. Plus que tout, le cri du cœur des différents intervenants se résumait à : « nous n’en pouvons plus d’être réduis au statut de victimes, nous sommes des travailleurs comme les autres. »

Réunis autour du STRASS (Syndicat du TRAvail Sexuel) et de l’association Cabiria, cette cinquième édition des assises de la prostitution abordait une grande variété de thèmes liés au métier. Si la vocation de cette réunion est d’être une force de proposition face aux politiques, elle s’avère aussi une manière d’échange entre travailleurs du sexe. Une façon de rompre l’isolement et de développer la solidarité entre prostitués. Une majorité de femmes, mais également des hommes, écoutaient donc attentivement les conclusions des ateliers.

Sur la prévention des maladies, tous les participants s’accordaient à dire que les prostitués restaient les meilleurs acteurs en matière de sensibilisation des clients. De manière plus générale, les assises ont conclu que les mieux placés pour former les policiers et les travailleurs sociaux en matière de prostitution étaient les travailleurs du sexe eux-mêmes. « On intervient dans la sexualité entre adultes consentants. Nous ne sommes pas des inadaptés sociaux », s’étrangle l’un des porte-parole du STRASS.

Mais ce qui inquiète le plus les participants, ce sont les conclusions de la mission parlementaire, à paraître sous peu. Tout indique que la tendance ira vers la pénalisation des clients considérés comme « prostitueurs ». Malika Maoudi du collectif Droit & Prostitution s’alarme : « on est dans une politique de l’absurde, les politiques prennent pour modèle la Suède, mais ils passent sous silence la précarisation des prostituées qui a suivi la répression des clients. »

L’autre solution, redoutée, qui pourrait sortir du rapport parlementaire, c’est la réouverture des maisons closes. « On veut nous parquer, nous faire disparaître des rues et nous mettre à la merci des directeurs de ces maisons qui pourront nous imposer des horaires et des pratiques à risque », s’emporte Karen, prostituée à Gerland « indépendante et fière de l’être ». Plus que tout, elle redoute une dérive à l’espagnole, où dit-elle « les filles deviennent des bouts de viande, elles portent des numéros. Je suis prostituée, j’en ai vu d’autres mais ce genre de chose me fait vomir. »

Lire aussi :

 Les travailleurs du sexe inquiets pour leur avenir
 « La prostitution est un métier »

Photo : © Eve Renaudin

Publié le : mardi 22 mars 2011, par Eve Renaudin

Partager sur : 
 


1 commentaire pour cet article


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Peut-on encore manifester en noir ?

Au tribunal : « On ne se protège pas contre la police »

Aller en manifestation habillé en noir avec un masque chirurgical, c'est mal. Trois jeunes l'ont appris à (…)
La suite
Qui est XH4 ?

Un journaliste syndiqué arrêté la veille d'une manifestation

Il est 20h17 lorsque Sébastien L. rentre chez lui. Dans le hall de son immeuble, cinq policiers cagoulés se jettent (…)
La suite
L'enquête progresse

Rixe mortelle : sept suspects arrêtés, d'autres recherchés

Sept hommes, soupçonnés d'avoir participé à la rixe mortelle, sont désormais au cœur d'une information (…)
La suite
Enquête criminelle pour homicide volontaire

Agression mortelle de Quentin D. : ce qu'on sait vraiment

Deux jours après la mort de Quentin D., le parquet de Lyon a livré, lundi 16 février, les premiers éléments de (…)
La suite
Tribunal correctionnel

Violences policières : « on était en mode Bagdad »

« Le vieux qui gueulait, il a mangé sa mère. » C'est ainsi que le major Pascal B. s'est vanté devant ses (…)
La suite
Immigration

40 ans après, la Marche des Beurs revient à Lyon

Un collectif d'associations s'est constitué pour faire connaitre la Marche des Beurs, entreprise il y a 40 (…)
La suite
Semaine bleue

Aider les oubliés de la République

La semaine bleue, consacrée aux seniors, tombe à point nommé pour aider les personnes âgées à retrouver une vie (…)
La suite
La Une  | La ville  | Economie  | Culture  | Politique  | Ecologie  | Société  | People  | Sport  | Carrière | | Plan du site | | Nos partenaires| SPIP