« Ce projet a vécu en chambre un certain temps. Il devient enfin réalité. Ca fait plaisir », s’est enthousiasmé Michèle Vullien. La vice-présidente du Grand Lyon chargée des déplacements s’était levée de bonne heure pour assister à 4h30 à la prise de service des premiers conducteurs au dépôt Alsace à Villeurbanne. Le but de l’opération étant de faire reculer la place de la voiture, le Sytral espère 14 millions de voyages en bus supplémentaires d’ici fin 2012. Pour cela, outre l’augmentation de l’offre de bus, la vice-présidente mise aussi sur la progression continue du prix de l’essence et une « prise de conscience de la jeune génération ».
Dans un premier temps, cette restructuration en profondeur du réseau a engendré une prise d’assaut du site Internet d’Atoubus, avec 6000 connexions par heure lundi à la mi-journée, contre 2000 en moyenne, avant le lancement. Le centre d’appels n’était pas en reste, deux fois plus sollicité qu’à l’habitude et des délais d’attente qui allait crescendo au cours de la matinée.
Pourtant, les usagers semblaient s’être préparés au changement lundi matin. Vers 7h30, pas de ruée vers les stands d’information, et peu de gens perdus. Arlette, une employée en poste devant la gare Part Dieu, explique : « la plupart de ceux qui sont venus ce matin savaient déjà quel bus prendre. Ils voulaient juste qu’on le leur confirme. » Passée l’heure de pointe, elle a toutefois vu arriver des passagers moins pressés... et moins bien informés. « Nous sommes en flux tendu depuis 9h à peu près, des gens viennent sans arrêt », continue-t-elle. Plus loin, quelques usagers se plaignent du manque de clarté dans les indications fournies. Pas de quoi décontenancer Arlette : « bien sûr, il y a toujours des râleurs. Mais dans l’ensemble, la matinée s’est très bien passée. »
Les chauffeurs s’y retrouvent
702 conducteurs étaient au départ lundi matin dans les 11 dépôts de l’agglomération. « On est dans l’inconnu. On va voir ce que ça donne sur le terrain », s’inquiétait Youssef Tahar, affecté au dépôt de Vaise, le plus grand de l’agglomération. Formés depuis juin, les conducteurs semblaient toutefois avoir bien intégré les nouveaux parcours. A 11h, le taux de régularité était de 85%. Un « bon résultat », commentait Pascal Jacquesson, directeur général de Keolis Lyon, le gestionnaire du réseau TCL, pour qui le bus « retrouve ses lettres de noblesse », grâce à la réorganisation. « Le bus n’est pas le parent pauvre du réseau mais un élément de liaison entre les différents modes de transport », a renchéri Bernard Rivalta.
« Il faut que le bus soit plus rapide et confortable que la voiture », a analysé Jean-Louis Touraine, adjoint au maire de Lyon, en charge des transports. « La pollution est à un niveau excessif à Lyon, elle doit diminuer. » Avant de conclure : « Tous en bus, c’est le mot d’ordre ! »