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Casse du siècle

De nouvelles révélations et toujours beaucoup de questions

Neuf jours après les faits, le convoyeur de fonds le plus célèbre de France court toujours. Mais on en sait un peu plus sur les circonstances du casse. Tony Musulin a visiblement bien préparé son coup pour escamoter une quarantaine de sacs de billets en quelques minutes. En revanche, la suite des évènements montre un grand amateurisme. Et exclue a priori la thèse d’une éventuelle complicité. Retour en arrière.

Le 17 Octobre 2009, Tony Musulin se rend à l’agence Car’Go au 302 cours Emile Zola à Villeurbanne en vue de louer un petit utilitaire. Cet homme décrit comme « sympathique et discret » par les employés de l’agence, laisse un dépôt de garantie et paye sa location pour le mois. Le tout sous son vrai nom. On fait mieux en matière de discrétion. Il repart alors à bord d’une Kangoo blanche.

Deux jours avant le casse, alors que la Kangoo est garée près de chez lui rue Louis-Braille à Villeurbanne, un véhicule stationné à proximité prend feu. L’incendie atteint la Kangoo et en brûle partiellement la carrosserie. Musulin retourne à l’agence Car’Go le lendemain et rend le voiture noircie, qui affiche alors 594 kilomètres au compteur. L’agence lui demande de porter plainte en tant que victime de l’incendie. Il se rend au commissariat, puis y retourne pour apporter les papiers manquants, et repart avec un récépissé.

A l’agence Car’Go, il loue une autre Kangoo blanche jusqu’au 3 décembre. C’est cette deuxième voiture que la police a retrouvée dès le lendemain soir, avec 9 des 11,6 millions d’euros à son bord. Elle était garée dans un box, que Musulin avait loué depuis avril, sous une fausse identité cette fois-ci, au 175 route de Vienne (Lyon 8ème). Une enquête de voisinage, aurait permis à la police de mettre la main sur le véhicule et le magot, signe que Musulin n’était pas passé inaperçu route de Vienne. Quant à l’agence de location, les enquêteurs auraient été mis sur sa piste, en épluchant le relevé d’appels téléphoniques de Tony Musulin que l’agence Car’Go avait tenté de le joindre et qu’il avait également appelé.

Mais le hold-up laisse encore bien des questions ouvertes. Comment ce Villeurbannais de 39 ans a pu transférer une quarantaine de sacs d’argent du fourgon dans la Kangoo sans se faire remarquer ? Pourquoi a-t-il laissé la voiture dans le box, au lieu de s’enfuir avec ? Un petit utilitaire, qui ne portait pas le logo de l’agence de location, n’est pourtant pas ce qu’il y a de plus voyant. Est-ce que c’est en raison de l’incendie, qu’il a jugé plus prudent de ne pas s’en servir tout de suite, ou a-t-il été contrarié le matin même du casse ?

Sans oublier que le personnage lui-même est bien énigmatique. Les enquêteurs travaillent sur une douzaine de comptes et quelques prêts, dans six banques différentes ainsi que des avoirs qu’il avait retirés fin octobre, soit plus de 100 000 euros. Beaucoup d’argent pour quelqu’un rémunéré à peine 2000 euros par mois. Puis, il y a la Ferrari qu’il avait achetée aux enchères pour une somme avoisinant les 160 000 euros et déclarée volée à peine un mois plus tard. Parmi les zones d’ombre, il y a également sa présence dans la société civile immobilière Jacquemard. Sans oublier une prétendue société de location de voitures de luxe, via Internet, dont les enquêteurs n’ont retrouvé aucune trace. Pas plus que de sa fille Samantha, dont il parlait à ses collègues et à son ex-femme. Selon ses interlocuteurs, il se targuait aussi de faire « travailler des filles ». Activité, dont la brigade de répression du banditisme n’a trouvé aucune trace concrète, ce qui laisse supposer une part non négligeable de mythomanie dans le personnage.

Ménage chez Loomis

L’entreprise suédoise de transport de fonds, qui employait Tony Musulin, se serait certainement bien passée de cette publicité involontaire. Elle a décidé de réagir par la fermeté. Cinq employés auraient, selon les syndicats maison, reçu une mise à pied conservatoire : les deux convoyeurs de fonds présents dans le fourgon volé, le directeur de l’agence concernée et deux cadres. C’est ce que rapporte Le Progrès (14/11/2009). La direction n’en confirme que quatre, selon la même source. Si les deux convoyeurs pourraient s’en sortir avec des sanctions disciplinaires, le chef d’agence et un cadre risquent le licenciement.

Ironie du sort, mais pure coïncidence, l’entreprise vient d’embaucher une recrue de marque en la personne de Thomas Collomb, fils de son père. Il a été recruté au poste de directeur de la production pour la division Sud, basé à Lyon et serait actuellement en formation interne.

Photo : DR

Publié le : samedi 14 novembre 2009, par Michael Augustin

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