publicité fleche bas
actualite
Retrouvez
Lyon Info sur :
logo-facebook logo-twitter rss
Accueil > Société > Voile intégral : « qu’on nous lâche le string ! »
Partager sur : 
Les associations sont en première ligne

Voile intégral : « qu’on nous lâche le string ! »

Ce lundi, la loi du 20 octobre 2010 interdisant le port du voile intégral entre en vigueur. Une campagne d’affichage (photo) a été mise en place début mars pour sensibiliser les personnes intéressées. Les 6 mois qui se sont écoulés depuis le vote de la loi devaient justement servir à mobiliser les associations de femmes et de jeunes, pour faire connaître et promouvoir le texte. « Une période longue et nécessaire pour expliquer le sens de cette loi. Elle n’a pas été conçue pour stigmatiser une pratique religieuse », avait-on rappelé au ministère de la Justice. Or, chez les associations, la guerre des mots fait rage entre les pour et les anti.

On estime à quelques milliers le nombre de femmes portant le voile intégral en France. Impossible de savoir combien d’entre elles le font par conviction et combien y sont forcées. Ainsi, parmi les associations de diversité selon la formule consacrée, le débat fait rage entre celles qui clament la liberté religieuse et celles qui fustigent la soumission imposée aux femmes.

« C’est une loi scélérate qui s’applique à une catégorie de personnes bien précise », s’insurge Boualam Azahoum de l’association Diversité. « Ce n’est pas au législateur de définir comment les personnes pratiquent leur foi, comment elles doivent s’habiller. » « On va cloitrer les femmes chez elles pour leur propre bien. Où va-t-on ? », s’étrangle Ijtihad Lefebvre, une Française convertie et ancienne secrétaire du collectif des Féministes pour l’égalité. « L’État s’immisce dans la vie privée des gens. Qu’on nous lâche le string ! Est-ce qu’on dit aux mecs comment ils doivent se vêtir ? »

Chez Ni putes ni soumises, l’une des 3 organisations retenues par le gouvernement dans le cadre de la phase pédagogique, on voit les choses d’un autre œil. « Dans la plupart des cas, le port du voile est imposé », estime Farid Dekhli, le président départemental de l’association, pour qui « la burqa est une forme de prison ». « Si on ne met pas le holà aujourd’hui, on va se retrouver avec plein de victimes », prévient-il.

Depuis janvier, l’association a ainsi organisées une dizaine de réunions d’appartements. Une opération à haut risque, à l’en croire Farid Dekhli. « Pour des raisons de sécurité, on y va à 5 minimum », souligne-t-il. « Les fondamentalistes sont très organisés. On est régulièrement menacés, mais cela ne nous effraie pas plus que ça. Ça fait partie du jeu », se résigne-t-il.

Ces réunions ont souvent eu lieu dans l’entourage de la personne, chez des amis qui avaient alerté l’association. « Il faut être très diplomate », raconte Farid Dekhli. « On est là dans le cadre d’un débat. » « Très souvent, on rencontre un discours formaté. Nous tentons de démonter leur argumentation pour amener ces femmes à s’interroger. Mais on ne les fait pas changer du jour au lendemain. »

Une démarche qui ne convainc pas Boualam Azahoum. « Ce sont des débats de salon. Ni putes ni soumises ne connaissent pas la réalité des quartiers. »

On peut en tout cas s’interroger sur l’efficacité de cette phase pédagogique. Rencontrée place Bahadourian (Lyon 3ème), une jeune femme en niqab, affirme que la seule structure qui l’ait contactée, était une association, lui proposant de payer les 150 euros d’amende à sa place.

Lire également :

 Voile intégral : ce que dit la loi
 « L’Islam c’est la soumission au Seigneur, c’est dans notre cœur »

Photo : © Michael Augustin

Publié le : dimanche 10 avril 2011, par Michael Augustin

Partager sur : 
 


Commenter :


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Peut-on encore manifester en noir ?

Au tribunal : « On ne se protège pas contre la police »

Aller en manifestation habillé en noir avec un masque chirurgical, c'est mal. Trois jeunes l'ont appris à (…)
La suite
Qui est XH4 ?

Un journaliste syndiqué arrêté la veille d'une manifestation

Il est 20h17 lorsque Sébastien L. rentre chez lui. Dans le hall de son immeuble, cinq policiers cagoulés se jettent (…)
La suite
L'enquête progresse

Rixe mortelle : sept suspects arrêtés, d'autres recherchés

Sept hommes, soupçonnés d'avoir participé à la rixe mortelle, sont désormais au cœur d'une information (…)
La suite
Enquête criminelle pour homicide volontaire

Agression mortelle de Quentin D. : ce qu'on sait vraiment

Deux jours après la mort de Quentin D., le parquet de Lyon a livré, lundi 16 février, les premiers éléments de (…)
La suite
Tribunal correctionnel

Violences policières : « on était en mode Bagdad »

« Le vieux qui gueulait, il a mangé sa mère. » C'est ainsi que le major Pascal B. s'est vanté devant ses (…)
La suite
Immigration

40 ans après, la Marche des Beurs revient à Lyon

Un collectif d'associations s'est constitué pour faire connaitre la Marche des Beurs, entreprise il y a 40 (…)
La suite
Semaine bleue

Aider les oubliés de la République

La semaine bleue, consacrée aux seniors, tombe à point nommé pour aider les personnes âgées à retrouver une vie (…)
La suite
La Une  | La ville  | Economie  | Culture  | Politique  | Ecologie  | Société  | People  | Sport  | Carrière | | Plan du site | | Nos partenaires| SPIP