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L’errance des Roms lyonnais continue

Roms : de squat en squat, de mendicité en prostitution

Une petite fille rom qui danse dans le métro, deux enfants qui mendient au marché, des familles entières qui tuent le temps place du Pont à la Guillotiere (7ème), voilà ce que voit la population des Roms installés dans l’agglomération. Malgré les expulsions massives en fin d’année dernière, ils sont toujours plusieurs centaines. Mais ils bougent plus qu’avant, changent fréquemment de squat. Lyon Info les a rencontrés.

Le nombre de campements de Roms a considérablement diminués dans le Grand Lyon : 35 sites recensés en 2010 contre 43 en 2009, selon la dernière étude de Médecins du monde. De nombreux squats ont été évacués depuis la fin de l’année dernière. Le 3 novembre 2010, la police a fermé le bidonville de Paul Bert, à proximité de la gare Part-Dieu, occupé par quelque 150 Roumains. Le 17 décembre, 59 Roms ont dû quitter un squat près de la gare de Vaise. Ceux de Saint Jean de Dieu, route de Vienne et Saint-Fons ont été évacués en avril, tandis qu’un hangar abritant 63 Roms a brûlé le 4 mai à Vénissieux.

Pendant l’hiver, quelque 200 Roms sur les 500 à 700 que compte l’agglomération ont été hébergés à Saint Irénée (5ème) ou dans 3 gymnases de la ville. A l’issue du plan froid qui a pris fin le 31 mars dernier, 80 d’entre eux sont repartis en Roumanie, les autres Roms se sont réinstallés dans des squats, à l’exception des enfants de moins de 10 ans, logés avec leur mère à l’hôtel par la préfecture.

Itinérance renforcée, même précarité

Évacués de leurs lieux de vie souvent quasi aussitôt après leur installation, ou partis sans même attendre l’arrivée des forces de l’ordre, les Roms sont de plus en plus dispersés. Même les associations humanitaires lyonnaises ont du mal à les suivre. « Ils vont de squat en squat 7 à 8 fois par an, font des allers-retours entre différents campements. Quand ils sont reconduits à la frontière, ils reviennent pour un nouveau séjour légal de 3 mois », raconte Andrée Humbertclaude, responsable de la mission squats et bidonvilles chez Médecins du monde. « Il est ainsi pour très difficile de suivre les femmes enceintes ou de vacciner les enfants », ajoute-t-elle. Idem pour la scolarisation des jeunes Roms. 163 enfants étaient scolarisés au 4 avril dernier. Un mois et quelques expulsions plus tard, ils n’étaient plus que 120.

Les conditions de vie des Roms restent précaires : pas d’accès à l’eau potable, pas d’électricité, pas de chauffage ou toilette. Si aujourd’hui les adultes peuvent gratuitement bénéficier de l’Aide médicale de l’État, « leur priorité n’est pas la santé », précise la bénévole. « Ils se préoccupent de faire de l’argent, pour pouvoir se nourrir et d’avoir un toit au dessus de leur tête. » Toutefois, Médecins du monde observe une évolution en matière de contraception : « de plus en plus les femmes roms demandent des implants, qui les met à l’abri d’une grossesse pendant trois ans. »

De moins en moins visibles pour la population lyonnaise, les Roms fuient désormais aussi la presse. « Ils ont mis leurs espoirs dans le travail des journalistes, pensant que s’ils montrent leur situation, ils sortiront peut-être de leurs difficultés quotidiennes, mais rien ne s’est passé. », regrette Andrée Humbertclaude.

La prostitution se développe

En journée, ils sont nombreux à se regrouper à la Guillotière. Là, on apprend pourquoi ils reviennent toujours en France, malgré les expulsions répétées. « Ici on gagne plus qu’en Roumanie. Là bas, on reçoit 400 lei (100 euros environ, ndlr) pour labourer la terre. Avec ça, je ne peux pas nourrir mes enfants », raconte l’une des femmes roms, une habituée de ce quartier. « Ici, on gagne au moins 500 euros par mois. »

Ils sont nombreux à faire la manche. Mais pas que. Non loin, on aperçoit une groupe de jeunes filles, en tenues aguichantes et fortement maquillées. « Les hommes ne donnent plus d’argent aux mendiants. Ils préfèrent les jeunes filles qui leur donnent quelque chose en échange », se lamente une femme originaire d’Oradea, une ville de la région de Crisana, qui dit être mariée à un turque.

La prostitution rom est un phénomène nouveau et difficilement quantifiable. « On ne fait pas de recensement sur l’ethnie, c’est interdit », explique Florence Garcia, présidente de Cabiria, une association lyonnaise qui défend les droits des prostitués. « Nous savons qu’il y a des prostitues d’origine roumaine, mais nous ne connaissons pas leur nombre et ne savons pas si ce sont des Roms. »

Photo : Lyon Info (archives)

Publié le : jeudi 30 juin 2011, par Tony Truand

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2 commentaires pour cet article


  • Article assez peu objectif... Pour ne pas dire plus.
    Tout d’abord, le préfet n’a jamais mis à l’abri les femmes et les enfants, renseignez-vous !!! Cette promesse faite à la fin du plan froid n’a jamais été tenue et toutes les places d’hôtel ont été peu à peu supprimées. Essayez d’appeler le 115 et vous verrez. Un journal ne doit pas écrire des mensonges pareils.
    Ensuite, ce n’est pas parce qu’une personne dit gagner 500 € par mois, qu’on peut le généraliser à tout le monde. Enfin, faites les sorties de lycée et vous verrez un tas de filles en tenue aguichantes et fortement maquillées. Cela m’étonnerait beaucoup que vous affirmerez qu’elles se prostituent
    L’article est encore plus aguicheur que ce qu’il prétend dénoncer et n’honore ni son auteur, ni le journal.

  • Racisme ordinaire en période pré-électorale... On reprend les poncifs lancés par Sarko l’été dernier et on appelle cela du journalisme.

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