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Euro 2016

Stades de foot : comment font les autres ?

A l’heure où les troisièmes enquêtes publiques sur le très contesté stade des Lumières à Décines se terminent, voici un tour d’horizon des 11 enceintes sélectionnées pour l’Euro 2016. 4 villes ont fait le choix d’un stade neuf, les autres rénovent leurs enceintes existantes. Si tout se passe comme prévu, la France disposera de 5 stades 5 étoiles (Stade de France, Vélodrome, OL Land, Parc des Princes et Lille), dont 3 de 60 000 places ou plus : Lyon, Marseille et Saint-Denis (photo). Parmi ceux-ci, le projet lyonnais est de loin le plus onéreux et le plus mal parti. Tour d’horizon.

Les rénovations :

Stade de France, Saint-Denis : Avec une capacité maximale de 81 338 places, le Stade de France est l’étendard de la candidature française. Il a accueilli la finale de la Coupe du monde 1998. Pour l’Euro 2016, l’enceinte ne nécessitera que des aménagements mineurs, qui ont déjà commencé. Ils concernent essentiellement les équipements, les salles de presse, et les loges. Coût estimé : 10 millions d’euros.

Parc des Princes, Paris : Inauguré le 4 juin 1972, le Parc des Princes a été rénové la dernière fois pour la Coupe du monde 1998, et peut actuellement accueillir 48 712 spectateurs. Stade historique, il a vu le sacre des Bleus lors de l’Euro 1984. Pour l’Euro 2016, le stade parisien va subir des modifications plus importantes portant sa capacité à 54 453 places. Sont prévus également un agrandissement de la tribune de presse, des loges, et un élargissement des sièges. La rénovation de l’enceinte repose sur un bail emphytéotique administratif. Coût estimé : 90 à 100 millions d’euros.

Stade Vélodrome, Marseille : L’enceinte marseillaise est déjà le deuxième stade de France en termes de capacité avec ses 60 031 places. Il va subir un sérieux lifting, qui portera sa capacité à 67 548 spectateurs. De plus, toutes les tribunes seront couvertes. Les travaux, confiés à GFC Construction (Groupe Bouygues), doivent débuter cet été pour une durée de 2 ans. Pendant les travaux, l’Olympique Marseille continuera à évoluer au Vélodrome, dont la capacité sera alors réduite à 42 000 spectateurs. Le projet global comprend également la construction d’hôtels et de bureaux à proximité. Coût des travaux : 267 millions d’euros.

Geoffroy-Guichard, Saint-Étienne : D’abord stade de réserve, le Chaudron a été repêché par Michel Platini et accueillera donc également des matchs de l’Euro 2016. Après avoir un temps songé à faire construire un stade neuf, la municipalité stéphanoise a finalement opté pour un lifting en profondeur. « La qualité de notre stade ne passe pas par des dépenses exorbitantes, mais par une maîtrise des coûts à assumer et de nouvelles exigences en matière de développement durable », a glissé malicieusement le maire de la ville Maurice Vincent. La capacité sera portée de 35 616 à 40 003 places. Si la rénovation apporte son lot de loges VIP panoramiques (3056 places), les tribunes demeureront très proches du terrain et le nombre de places populaires sera même augmenté. Coût prévisionnel : 47 millions d’euros.

Félix-Bollaert, Lens : Le projet, d’un budget de 90 millions d’euros, prévoit de faire passer la capacité d’accueil du stade de 41 233 à 45 000 places et d’installer un toit en verre. Le permis de construire ayant été déposé en mars, les travaux doivent débuter fin 2011 pour une livraison en mars 2014.

Stade Marcel-Picot, Nancy : Dernier des trois projets reposant sur un bail emphytéotique administratif, avec Paris et Lens, le stade nancéien n’est pas le plus avancé. Et pour cause, les 2 groupements intéressés par la rénovation et la gestion du stade pendant une 30ène d’années, ont jusqu’à la fin de l’année pour soumettre leur projet. L’AS Nancy, associée à Vinci est opposée à Bouygues. Le projet de l’ASNL prévoit une augmentation de la capacité d’accueil de 20 085 à entre 32 et 34 000 places et la construction d’un toit fixe recouvrant tout le stade. « La météo nancéienne est capricieuse », explique Nabil El Yaagoubi, en charge du projet à l’ASNL. « Le toit permettra d’assurer un confort constant, même l’hiver quand il fait froid ». Le coût du projet est estimé à quelque 60 millions d’euros.

Stadium, Toulouse : L’autre enceinte repêchée par Michel Platini doit passer de 36 500 à 40 000 places. Le plan de rénovation de ce stade de type vélodrome, construit en 1937, et dont la piste cycliste a été remplacée par des gradins en 1984, coûtera 56 millions d’euros. La livraison est prévue pour avril 2014.

Les constructions :

Grand Stade Lille Métropole : De tous les grands projets en cours, le chantier de Villeneuve d’Ascq, en proche banlieue de Lille, est incontestablement le plus avancé. Le grand stade de Lille, dont les travaux ont débuté en 2010, doit être livré en juillet 2012. L’enceinte de 50 283 places dispose d’une peau translucide et lumineuse et, chose unique en France, d’un toit et d’une pelouse rétractables. L’opération, qui comprend également des équipements annexes (hôtellerie, commerce, restauration, services, etc.), représente un investissement global de 324 millions d’euros, dont 282 millions pour le seul stade et les parkings. Construit sous forme d’un partenariat public-privé, le projet coûte 45 millions d’euros aux collectivités en frais d’investissement plus 173 millions d’euros pour les accès. L’exploitation du stade sera assurée pendant 31 ans par une filiale d’Eiffage, moyennant une contribution annuelle de 10,5 millions d’euros de la part de la communauté urbaine Lille Métropole et 6,8 millions du LOSC.

Stade des lumières, Lyon : Après avoir envisagé d’agrandir Gerland, puis de s’installer au Puisoz, Jean-Michel Aulas a fini par jeter son dévolu sur un lopin de terre au Montout à Décines. Seul projet entièrement privé, ce stade de 60 000 places nécessite néanmoins environ 250 millions d’euros d’argent public pour les accès, en raison de la situation excentrée (12 km de Lyon) du site. Le coût du seul stade est évalué à 450 millions d’euros, dont respectivement un tiers payé sur fonds propres du club, par emprunt et grâce aux éventuelles recettes du naming. Les nombreux opposants doutent de la capacité du club à réunir l’argent nécessaire et critiquent le manque d’accessibilité du site. Depuis son lancement, le projet empile les casseroles. Les deux premières enquêtes publiques sur la révision du PLU se sont soldées par des avis négatifs. Les résultats de la troisième seront connus début octobre.

Bordeaux : L’annonce a été faite par Alain Juppé ce lundi 18 juillet : la nouvelle enceinte, qui remplacera le vieux stade Chaban-Delmas érigé en 1938, sera construite par Vinci et conçue par les architectes suisses Herzog et De Meuron. Les deux hommes ont de sérieuses références pour avoir signé le très remarqué Nid d’oiseau, le stade olympique de Pékin, et l’Allianz Arena du Bayern de Munich. Ils sont également en charge de l’aménagement de la deuxième phase du quartier de la Confluence à Lyon. Le nouveau stade de près de 43 000 places coûtera 168 millions d’euros et doit être livré en 2015.

Olympique Stadium, Nice : Une nouvelle enceinte de 35 624 personnes remplacera le vétuste Stade du Ray. Le complexe qui comprend également des espaces de restauration et de services, 29 000 mètres carrés d’espaces commerciaux et de bureaux ainsi que le musée national du sport, sera construit par Vinci. Les travaux, estimés à 245 millions d’euros, doivent durer de juillet 2011 à juin 2013.

Lire aussi :

- Pas de grand stade sans moyen lourd de transport en commun
- Grand stade et ramblas à Gerland

Photo : DR

Publié le : lundi 18 juillet 2011, par Michael Augustin

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2 commentaires pour cet article


  • Bien difficile de construite des grandes infrastructures en France.
    Je reviens d’Asie, il construise des bâtiments grandioses et tout est ultra moderne a croire quant occident nos pays s’appauvrissent et que notre économie fous le camp.

  • Stades de foot : comment font les autres ? 19 juillet 2011 à09:03, par carine

    Ouais sauf qu’en Asie, "ils" s’en foutent des populations, de l’environnement et des règles d’urbanisme (entre autres !)

    Fait rare en France : une enquête publique pour révision de PLU : avis défavorable puis volte face du commissaire quelque temps après : avis favorable avec réserves. Là déjà il y a de quoi se poser des questions. Puis enquête annulée par le Tribunal Administratif.
    Qu’à cela ne tienne, deuxième enquête (la même rien de changer au dossier) mais avec trois commissaires enquêteurs.
    Tadammmmm : avis très défavorable.
    Là les porteurs du projet auraient dû revoir sérieusement leur copie, voir abandonner purement et simplement leur projet et bien non, voilà t’y pas qu’ils en font une troisième avec tenez vous bien 45 commissaires enquêteurs et le dossier saucissonner en 9, un mois pour les consulter, comprendre et argumenter, à cheval sur les congés d’été...Bon heureusement rien n’a changé dans le fond du dossier seulement dans la forme.
    Mais je me pose une question : si les commissaires donnent encore un avis défavorable (qui n’est que consultatif ne l’oublions pas) que va-t-il se passer ? Quatrième enquête (au frais de qui ? ), abandon du projet (ce que je souhaite) ?
    Est-ce qu’un jour un politique va enfin s’émouvoir du déni de démocratie que nous font vivre les élus locaux en place depuis le début de cette affaire, est-ce qu’enfin les autorités compétentes vont se pencher sérieusement sur ce qui se trame (politique, finance etc...)
    Est-ce qu’enfin on va prendre leçon des erreurs du passé ( Grèce, Londres, Montréal etc... organisation de grandes manifestations sportives qui ont gravement nuis aux finances des pays ?

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